Carte bancaire : l’impact concret de la nouvelle encoche sur vos usages quotidiens

Image d'illustration. Cartes bancaireADN
De plus en plus de cartes bancaires présentent une petite encoche sur leur bord. Cette nouvelle caractéristique intrigue de nombreux utilisateurs. Découvrez à quoi elle sert concrètement et comment elle peut impacter vos usages quotidiens.
Tl;dr
- Nouvelle encoche sur cartes bancaires pour malvoyants.
- Initiative lancée en Belgique, adoption progressive en France.
- Déploiement généralisé encore incertain, adoption saluée.
Une innovation discrète au service de l’accessibilité
À première vue, cette petite découpe arrondie sur le bord de votre nouvelle carte bancaire pourrait prêter à confusion. Pourtant, loin d’être une simple fantaisie esthétique ou le résultat d’un défaut de fabrication, elle incarne une avancée majeure pour l’accessibilité bancaire. C’est en Belgique que cette idée a germé, sous l’impulsion d’ING, dès 2021. Très vite, d’autres établissements ont emboîté le pas et, aujourd’hui, plus de trois millions de cartes dotées de cette encoche circulent dans le pays.
L’adoption s’étend : entre enthousiasme et prudence
En France, la généralisation n’est pas encore actée. Toutefois, certains acteurs majeurs comme Mastercard ont déjà choisi d’intégrer ce dispositif depuis 2022. L’accueil réservé à cette nouveauté est globalement positif ; il faut dire que la Fédération des aveugles et amblyopes de France rappelle qu’« en France, une personne aveugle ou malvoyante naît toutes les 15 heures ». Pour cette population particulièrement concernée par la dématérialisation et la disparition progressive des claviers physiques sur les terminaux de paiement, chaque innovation compte.
Pourquoi une encoche ? Explications et enjeux pratiques
La fonctionnalité se révèle simple, mais efficace. Cette petite encoche — placée du côté opposé à la puce électronique — permet :
- de distinguer facilement sa carte parmi d’autres dans un portefeuille ;
- d’insérer la carte dans le bon sens dans un terminal ou distributeur.
Comme le résume Sylvain Jonckheere, porte-parole d’ING Belgique, « c’est pour aider nos clients malvoyants dans leur quotidien… Ça permet également de distinguer dans quel sens insérer la carte », rapportent nos confrères de Cnews. Cette « valeur ajoutée » fait peu à peu consensus parmi les banques belges. Charline Gorez, porte-parole de la fédération bancaire belge Febelfin, indique ainsi que le renouvellement des portefeuilles bancaires tous les cinq ans facilitera largement sa diffusion.
Une généralisation en débat sur le continent européen
Quelques institutions restent néanmoins réticentes. D’après une récente enquête menée par Capital, des enseignes telles que BNP Paribas Fortis maintiennent leur préférence pour les modèles classiques. Leur argument ? Les personnes malvoyantes sauraient déjà repérer leur carte grâce à la puce. Certains suggèrent plutôt d’embosser le logo ou le nom de l’établissement – une solution déjà adoptée par la Bpost.
L’évolution vers un standard européen semble désormais inévitable tant les retours utilisateurs sont favorables chez nos voisins belges. Même si aucune date n’a été avancée en France pour un basculement généralisé, difficile de ne pas voir poindre à l’horizon cette adaptation pensée avant tout pour inclure sans stigmatiser.
