Pour Moscovici, les plus aisés doivent participer à l’assainissement des finances publiques

Image d'illustration. Budget économieADN
Pierre Moscovici appelle à une mobilisation accrue des contribuables les plus aisés afin d’accélérer l’amélioration de la situation budgétaire. Cette orientation s’inscrit dans la volonté de renforcer l’équité fiscale et d’assainir les finances publiques.
Tl;dr
- Pierre Moscovici évoque une contribution accrue des plus riches.
- Réduire le déficit public reste la priorité budgétaire.
- Une « taxe Zucman » est envisagée pour 2026.
Les plus fortunés sollicités face à la rigueur budgétaire
Invité récemment sur le plateau de Public Sénat, Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, n’a pas éludé les difficultés qui attendent les finances françaises. Avant même l’officialisation de son départ, prévu d’ici à la fin de l’année, il a réaffirmé que le redressement du déficit public constituait un impératif, avec un cap affiché : revenir sous la barre des 3 % du PIB d’ici à 2029.
L’appel à l’effort partagé… mais ciblé
Si, selon lui, « sans arrêt augmenter les impôts, ce n’est pas la solution », il estime cependant qu’une mobilisation des foyers aisés ne peut être totalement écartée. À l’heure où la pression fiscale atteint déjà des sommets en France, l’accent devrait avant tout être mis sur une réduction des dépenses publiques. Il s’agit là, à ses yeux, de la piste prioritaire pour restaurer les marges de manœuvre de l’État.
Un sentiment d’injustice persistante dans l’opinion
Pour autant, le débat sur la justice fiscale demeure sensible. Pierre Moscovici n’ignore pas « le sentiment d’inégalité croissante, d’injustice » qui traverse une partie de la société. Interrogé sur ce sujet épineux, il interpelle : « Mettons que je sois immensément riche : qu’est-ce que ça me coûterait au fond de me dire : je paie un peu pour mon pays ? Si on vous dit 1 ou 2 %, c’est un peu, non ? » Cette interrogation résonne alors que l’exécutif cherche à convaincre chacun de « mettre la main à la poche ».
Vers une nouvelle taxe sur les grandes fortunes ?
Dans ce contexte, certains responsables socialistes défendent désormais une mesure très ciblée : la fameuse « taxe Zucman », inspirée par l’économiste Gabriel Zucman. Concrètement, ce projet inscrit au budget 2026 proposerait d’imposer annuellement à hauteur de 2 % les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, confronté aux oppositions, espère néanmoins faire adopter ce texte crucial sans blocage.
Alors que l’équilibre des finances publiques demeure fragile et que chaque catégorie sociale est appelée à contribuer, le débat sur le rôle spécifique des plus riches dans cet effort collectif se fait toujours plus pressant.
