Des panneaux solaires classiques . © Shutterstock.com

Première : une route solaire en test en Normandie

Ségolène Royale inaugure une route solaire d'un kilomètre en Normandie ce jeudi. Une première mondiale qui divise.

A partir de ce jeudi 22 décembre, les automobilistes normands pourront emprunter la route solaire. La ministre de l’Ecologie et de l’Environnement Ségolène Royale va inaugurer aujourd’hui le premier tronçon de route d’un kilomètre de long recouvert de panneaux photovoltaïques. Cette première mondiale divise cependant, entre enthousiastes et sceptiques. Ces derniers doutent de sa fiabilité, de son rendement ou encore son coût élevé.

Vers la route solaire

Cette route départementale particulière a été mise en place dans l’Orne et dessert le petit village normand de Tourouvre, d’environ 3.400 habitants. Les près de 2.000 automobilistes qui y passent chaque jour rouleront désormais sur une route à l’allure un peu particulière. Faite de 2.800 mètres carrés de panneaux photovoltaïques en forme de dalles et recouverts d’une résine, cette route au style de carrelage futuriste devrait en théorie permettre de fournir l’équivalent de l’éclairage publique d’une ville de 5.000 habitants et s’inscrit dans la transition énergétique chère à la ministre.

Cette technologie mise en place par Wattway, projet de la filiale de Bouygues, Colas, et le CEA Tech, bénéficie d’une subvention d’État de 5 millions d’euros hors taxe, selon le conseil départemental. Le concept de déployer des panneaux solaires sur les routes, pour se substituer aux espaces classiques, fait rêver alors que la France dispose d’un réseau d’un million de kilomètre de routes en France.

Des doutes sur son efficacité et sa rentabilité

Des initiatives semblables existent dans d’autres pays, comme les Etats-Unis, l’Allemagne ou encore aux Pays-bas, mais à une échelle plus réduite. En France le dispositif était expérimenté sur de petites surfaces depuis juin dernier.

Pour autant, ce projet ne suscite pas que des enthousiastes. Nombreux sont ceux à remettre son utilité en question. Certains doutent de sa rentabilité sur le long terme, les routes étant coûteuses à mettre en place. D’autres doutent de sa résistance aux véhicules et avancent qu’elles risquent de se salir et réduire le rendement. De même les panneaux à plat produisent moins que les panneaux solaires inclinés et pour plus cher avec 17 euros le watt-crête (unité de mesure de l’énergie solaire) contre 1,3 pour les solutions classiques.