Un « guichet unique » pour répondre à la détresse étudiante et faciliter l’accès aux soins ?

Étudiant solitaire sur banc d’école
Image d'illustration. Harcèlement scolaire. — ADN

Confrontés à une détresse psychologique croissante, de nombreux étudiants peinent à accéder aux soins adaptés. Pour simplifier leurs démarches et améliorer leur accompagnement, la création d’un dispositif centralisé de prise en charge est aujourd’hui envisagée.

Tl;dr

  • Santé mentale étudiante en forte dégradation depuis dix ans.
  • Un portail unique d’accès aux soins envisagé par le ministère.
  • Multiples causes : précarité, isolement, violences, harcèlement.

Une santé mentale étudiante en alerte rouge

Ce mardi, l’inquiétude transparaissait dans la voix du ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, lors de son déplacement à l’université Paris Est Créteil (Upec). Les données les plus récentes dressent un tableau sombre : « Les chiffres sont effrayants », a-t-il concédé face à la presse. En dix ans, les indicateurs de santé mentale chez les étudiants se sont aggravés de façon spectaculaire. Une étude préliminaire pilotée par des chercheurs de l’Inserm et de l’Université Paris-Cité avance que près d’un tiers des Français âgés de 11 à 24 ans seraient touchés par des troubles anxieux ou dépressifs.

Vers une simplification de l’accès aux soins psychologiques

L’urgence est palpable : face à ce qu’il qualifie lui-même de « foisonnement » dans l’offre d’accompagnement – entre associations et intervenants éparpillés –, le ministre réclame une meilleure coordination. Pour y remédier, il mise sur la création d’un portail unique multimédia, réunissant téléphone, e-mails et messagerie instantanée afin d’orienter rapidement ceux qui en ont besoin. La consigne est claire : « Ce que je demande aujourd’hui aux services du ministère et à tous les acteurs, c’est de nous proposer des solutions […] avant la fin de l’année », précise-t-il auprès de l’AFP. La réflexion s’accélère pour ne pas laisser les étudiants seuls face à leurs difficultés.

Lourdes conséquences et pistes explicatives

Le réseau des logements étudiants Crous, quant à lui, tire la sonnette d’alarme après six suicides recensés sur les deux seuls premiers mois de la rentrée universitaire. Si le confinement lié au Covid-19 a fragilisé nombre d’étudiants en accentuant leur isolement, « L’effet Covid n’explique pas tout », nuance Baptiste. Les témoignages recueillis lors de tables rondes organisées à l’Upec mettent en lumière une diversité de facteurs aggravants.

Pour mieux saisir les origines de ce malaise grandissant, plusieurs causes ont été évoquées :

  • Précarité financière persistante
  • Isolement géographique ou familial accru
  • Violences sexuelles et harcèlement croissants

Mobilisation collective attendue

La réponse institutionnelle s’organise donc sous pression. Impossible désormais d’ignorer cette crise silencieuse qui ronge peu à peu la jeunesse universitaire française. Entre urgence sanitaire et nécessité d’innovation organisationnelle, un cap doit être fixé avant la fin de l’année pour enrayer cette spirale préoccupante.

Benjamin

Spécialiste de l'économie et de la vie pratique

Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Français Innovation Soins

Lisez Les News Eco .fr en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources