Alter, syndicat de pilotes non représentatif à Air France, a annoncé dimanche qu’il appelait à une grève les 10,11,12 et 13 janvier pour « protester contre une scandaleuse procédure disciplinaire » à l’égard de deux d’entre eux.
Ces deux pilotes sont accusés d’avoir facilité l’entrée de manifestants le 5 octobre dans la salle du comité central d’entreprise (CCE) au siège d’Air France. Ils doivent passer devant un conseil de discipline le 7 janvier, selon Alter qui revendique 10% des voix aux élections professionnelles.
Les deux pilotes sont « mis à pied avec solde depuis mi-octobre », a précisé le syndicat.
Le SNPL, plus important syndicat de pilotes (65%), et le SPAF (21%), 2e syndicat de pilotes, n’ont pas indiqué s’ils se joindraient à la grève.
Sous le coup d’une procédure de licenciement, cinq autres salariés d’Air France sont poursuivis pour des faits de « violence en réunion », après des débordements spectaculaires qui avaient émaillé le CCE du 5 octobre. Onze autres salariés au sol ont été mis à pied.
Deux dirigeants de la compagnie avaient alors échappé à des manifestants, la chemise arrachée, après l’annonce de 2.900 suppressions de postes potentielles. L’appel à la grève d’Alter intervient au lendemain d’un autre appel à la grève de tous les salariés de la compagnie par l’Ugict-CGT le 28 janvier pour dire « non aux licenciements et à la sous-traitance », ainsi qu’à la « filialisation ».
Faute d’accord avec les syndicats sur une nouvelle hausse de productivité, Air France a opté pour un plan de réduction de sa flotte entraînant un millier de postes supprimés en 2016. Des discussions sont en cours pour éviter 2.000 autres coupes en 2017.