Bulle de l’IA, dette, emplois : l’alerte très concrète de la Banque de France

Robot humanoïde
Image d'illustration. Robot humanoïde — ADN

Le gouverneur de la Banque de France met en garde contre une bulle de l’IA nourrie par la dette. Le risque viserait aussi l’Europe, très exposée aux titres américains.

En bref

  • L’Europe serait touchée si l’IA chutait aux États-Unis
  • Le financement par dette inquiète davantage
  • L’emploi des jeunes est aussi dans le viseur

Si les valorisations de l’IA décrochent aux États-Unis, l’Europe risque de le sentir vite. C’est le cœur de l’alerte lancée par Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, lors d’une conférence à Barcelone.

Pourquoi l’Europe ne serait pas spectatrice

Le sujet n’est pas seulement américain. Emmanuel Moulin, qui siège aussi à la Banque centrale européenne, souligne que les Européens détiennent entre 15 % et 20 % des titres américains. Résultat, une baisse des valorisations des entreprises liées à l’IA outre-Atlantique pourrait se transmettre aux marchés européens. Pas de mur étanche.

Il évoque clairement un effet de contagion. Pour un épargnant ou un salarié exposé, même indirectement, aux marchés financiers, cela veut dire une chose simple, un choc sur l’IA américaine ne resterait pas cantonné à la Silicon Valley.

Des milliards investis, mais des profits encore loin

Depuis des mois, les géants de la tech accélèrent leurs dépenses dans l’IA. Le problème, selon le patron de la Banque de France, c’est l’écart entre l’argent engagé et les bénéfices effectivement dégagés aujourd’hui.

L’image qui revient, forcément, c’est celle de la bulle Internet des années 1990 et du début des années 2000. La comparaison n’annonce pas à elle seule le même scénario, mais elle dit quelque chose du climat actuel, des promesses de rentabilité jugées très hautes, peut-être trop hautes.

La dette et les taux élevés changent la donne

Au départ, explique Emmanuel Moulin, ces investissements étaient plutôt financés par des actions. Ils le sont désormais de plus en plus par la dette. Et c’est là que le risque monte d’un cran.

Avec des taux d’intérêt élevés, le financement coûte plus cher et les rendements espérés peuvent être rognés. Si les profits promis n’arrivent pas, la pression retombe sur les valorisations des entreprises. Et derrière, sur la stabilité financière. Bref, on ne parle pas seulement de technologie, mais de bilan, de coût du capital et de marché.

Productivité d’un côté, embauches de l’autre

Le tableau n’est pas noir du début à la fin. Emmanuel Moulin reste optimiste sur le potentiel de l’IA pour relever la productivité. Sur ce point, l’idée est classique, produire plus ou mieux avec les mêmes moyens.

Mais il pointe aussi un autre effet, plus concret. Les entreprises qui ont le plus intégré cette technologie réduisent déjà leurs embauches, en particulier pour les jeunes. C’est sans doute le point le plus tangible pour vous, l’IA peut soutenir l’activité tout en fermant, au moins à court terme, certaines portes à l’entrée du marché du travail.

Germain Montor

Spécialiste de l'économie et de la vie pratique

Rédacteur web, je crée des contenus clairs et engageants.

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