Allianz chiffre à 113 milliards d’euros le coût des canicules en Europe cette année. Cinq pays concentrent à eux seuls l’essentiel des pertes.
En bref
- Les canicules coûtent 113 milliards d’euros en Europe
- Cinq pays cumulent 81 % des pertes
- 2027 pourrait être encore plus chaude
La facture se concentre sur un petit groupe de pays. Selon Allianz, l’Italie, l’Allemagne, la France, la Belgique et les Pays-Bas totalisent à eux seuls 81 % du coût des vagues de chaleur observées cette année en Europe. Vu comme ça, on comprend mieux pourquoi le sujet dépasse largement la météo.
Cinq pays portent presque toute l’addition
Le pays le plus touché est l’Italie, avec 27,8 milliards d’euros de pertes. Derrière, on trouve l’Allemagne à 25 milliards, puis la France à 20,1 milliards.
S’ajoutent ensuite la Belgique, à 9,4 milliards, et les Pays-Bas, à 9,2 milliards. À eux cinq, ces pays captent donc l’essentiel du choc économique mesuré par Allianz. Ce n’est pas un détail statistique. Pour le lecteur, cela dit une chose simple, les grandes économies européennes sont aussi celles où une canicule peut coûter le plus cher.
Une chaleur qui pèse sans tout casser
Le total avancé par Allianz atteint 113 milliards d’euros. Et l’assureur insiste sur un point souvent mal perçu, la chaleur ne se traduit pas forcément par des bâtiments abîmés ou des machines détruites.
Elle peut aussi rogner la production, sans laisser de dégâts visibles. C’est probablement l’élément le plus parlant ici. Une économie peut perdre gros, même quand il n’y a ni images spectaculaires ni infrastructures manifestement sinistrées.
Le signal inquiétant pour 2027
Mais ce chiffre de 2024 ne regarde pas seulement le passé. Allianz juge probable que 2027 soit une nouvelle année de chaleur exceptionnelle à l’échelle mondiale, avec de fortes chances de devenir l’année la plus chaude jamais enregistrée.
De son côté, l’Organisation météorologique mondiale anticipe qu’entre 2026 et 2030, la température moyenne annuelle mondiale à la surface de la Terre se situera entre +1,3°C et +1,9°C par rapport à la moyenne de 1850-1900. Pas de quoi résumer cela à un simple épisode estival.
El Niño pourrait encore alourdir la note
Un autre risque se dessine déjà. Toujours selon l’étude d’Allianz, un épisode El Niño très intense est en train de se former.
Son coût mondial pourrait atteindre environ 415 milliards d’euros (451 milliards de dollars), soit 0,24 % du PIB prévu pour 144 économies. La plupart des dégâts, précise l’assureur, se produiraient en 2027. Bref, la canicule n’est plus seulement un sujet de santé publique ou de confort. C’est aussi une ligne de plus, très lourde, dans les comptes.