Climatisation la nuit : pourquoi les hôtels changent leurs draps

Image d'une serviette blanche de luxe d'hôtel sur un comptoir en marbre éclairé par une lumière naturelle douce.
Image d'illustration. Hôtel serviette blanche de luxe sur comptoir en marbre — ADN

Le lin lavé et le Tencel gagnent du terrain dans les hôtels du Sud. Leur promesse est simple, moins de climatisation la nuit et une facture allégée.

En bref

  • Des hôtels misent sur le lin et le Tencel
  • Objectif, faire moins tourner la climatisation la nuit
  • Le gain dépend surtout du réglage de température

En été, la climatisation peut ajouter 100 euros par mois à la facture d’électricité, d’après un rapport parlementaire. Dans le Sud de la France, certains hôtels ont donc déplacé le sujet du thermostat vers le lit, en remplaçant le coton par du lin lavé ou du Tencel.

Quand le linge de lit devient un levier sur la facture

Sur la Côte d’Azur et en Languedoc, palaces et boutique-hôtels ont adopté ces matières depuis plusieurs saisons. L’idée est simple, si le drap colle moins à la peau et garde une sensation de fraîcheur, le client pousse moins la climatisation pendant la nuit.

Le calcul a de quoi parler à tout le monde. Pour un foyer de quatre personnes, un usage intensif peut monter à 150 euros par mois. Dans ce contexte, payer plus cher un jeu de draps qu’un modèle en coton devient presque secondaire si la clim tourne moins dès le premier mois.

Lin lavé et Tencel, deux matières qui ne jouent pas pareil

Le lin lavé a un profil assez rare. Il ventile l’air en été, garde la chaleur en hiver et peut absorber jusqu’à 20 % de son poids en eau sans donner une impression d’humidité. C’est ce qui explique son toucher frais et le fait qu’il colle moins à la peau pendant une nuit de canicule.

Le Tencel, lui, vient de fibres de bois, notamment d’eucalyptus, de hêtre ou de pin issus de forêts gérées durablement. Son atout tient à sa surface lisse et à sa respirabilité. Il absorbe l’humidité environ 50 % de plus que le coton, ce qui aide le corps à mieux réguler sa température.

Et le coton ? Pas de quoi le jeter. Il reste respirant et hygroscopique, avec une reprise d’humidité d’environ 8 %. Mais une fois saturé, il colle plus vite et évacue moins bien la sueur.

Moins de clim, pas zéro clim

Le point important, c’est là. Ces draps ne remplacent pas la climatisation, ils permettent d’en réduire l’usage. Pour un particulier, baisser d’un ou deux degrés peut suffire à alléger la note.

Selon l’Ademe, régler la climatisation à 26°C plutôt que 23°C permet de diviser la consommation d’électricité par trois. Pour un hôtel, l’intérêt est double, moins de dépenses sur l’ensemble des chambres et, souvent, un meilleur confort perçu par les clients.

Le détail d’entretien qui change l’efficacité

Mais ces fibres demandent un minimum de soin. L’adoucissant chimique industriel dépose une pellicule grasse qui bouche les fibres naturelles et réduit leur capacité à respirer et absorber la sueur.

Le premier lavage compte aussi, puisqu’il enlève les apprêts d’usine. En gros, un drap en fibre naturelle révèle vraiment ses qualités après deux ou trois lavages. Le lin continue même de s’assouplir pendant des mois. Reste ensuite une affaire de goût, le lin froisse, le Tencel reste plus lisse. Pour vous, ça change surtout une chose, un achat textile peut jouer sur le confort nocturne et sur la facture, sans toucher au reste de l’équipement.

Germain Montor

Spécialiste de l'économie et de la vie pratique

Rédacteur web, je crée des contenus clairs et engageants.

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