Depuis janvier, plus de 40 affaires d’enlèvements et séquestrations liées aux cryptomonnaies

Image d'illustration. Crypto bitcoinADN
Depuis le début de l’année, plus de quarante affaires d’enlèvements et de séquestrations ayant un lien direct avec les cryptomonnaies ont été recensées, témoignant d’une hausse inquiétante de ce type de criminalité en lien avec les actifs numériques.
Tl;dr
- Violences liées aux cryptomonnaies en forte hausse en France.
- Plus de 40 enlèvements ou séquestrations depuis janvier.
- Les victimes incluent investisseurs et figures du secteur.
Des violences inédites autour des cryptomonnaies
Les contours de la sphère des cryptomonnaies ne se limitent pas au virtuel. Derrière les courbes exponentielles et les innovations technologiques, la France fait face à une série d’incidents violents qui inquiètent autant les autorités que les acteurs du secteur. Depuis le début de l’année, plus de quarante cas de séquestrations ou d’enlèvements en lien avec ce marché ont été recensés, selon le directeur national adjoint de la police judiciaire, Philippe Chadrys. Ce chiffre, presque équivalent au nombre d’arrestations réalisées dans le même temps, traduit une évolution alarmante du phénomène.
L’affaire Balland : révélateur d’une nouvelle criminalité
Le point culminant de cette vague a été atteint dès janvier 2025 avec l’enlèvement spectaculaire de David Balland, cofondateur de la startup Ledger. Retenu avec sa compagne par un groupe organisé, Balland avait été victime d’une violence extrême – son doigt sectionné pour obtenir des informations cruciales. Grâce à l’intervention décisive du GIGN et des gendarmes, les deux otages avaient pu être libérés. Au total, six hommes et une femme avaient alors été mis en examen ; le supposé commanditaire, lui, a finalement été écroué au printemps.
Méthodes variées et cibles multiples
Loin d’être isolés, ces actes touchent des profils variés : particuliers fortunés ayant investi dans les actifs numériques, membres d’institutions ou même anonymes perçus comme détenteurs potentiels de valeurs importantes. Pour illustrer cette diversité :
- Agression à Anglet menée par cinq individus ciblant par erreur un lieu associé à la cryptomonnaie.
- Enlèvement en Bourgogne d’une mère et son fils contre rançon exigée en cryptos ; leur libération rapide grâce à la mobilisation massive des forces de l’ordre.
Chaque dossier présente ses spécificités : modes opératoires fluctuants, commanditaires souvent basés à l’étranger, identités parfois communiquées à la dernière minute aux exécutants.
Lutte et adaptation policière face au phénomène
Pour Annabelle Vandendriessche, cheffe du service Sirasco (Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée) au sein du ministère de l’Intérieur, cette montée en puissance n’a rien d’anodin : si elle demeurait marginale encore récemment, elle s’est affirmée avec près d’une trentaine d’affaires pour la seule année 2025. Le nouveau parquet national dédié à la lutte contre cette criminalité spécialisée (Pnaco) gère déjà treize dossiers spécifiques impliquant demande de rançon ou restitution de valeurs numériques.
En filigrane se dessine une nécessaire adaptation permanente des services d’enquête face à un univers mouvant où le virtuel déborde largement sur le réel — rappelant que derrière chaque blockchain bat parfois un cœur bien humain… et vulnérable.
