Isidore Partouche, figure emblématique des casinos, s’est éteint

Image d'illustration. Femme casino jeux argentADN
Isidore Partouche, figure incontournable de l'industrie du jeu en France et fondateur du célèbre groupe de casinos éponyme, s'est éteint. Il avait révolutionné le secteur des machines à sous et marqué durablement l'univers des casinos.
Tl;dr
- Décès d’Isidore Partouche, patriarche du casino, à 94 ans.
- Ascension fulgurante grâce aux machines à sous.
- Le groupe compte aujourd’hui 44 casinos, 434 M€ de chiffre d’affaires.
Un destin façonné par le risque et l’opiniâtreté
Au fil des décennies, Isidore Partouche s’est imposé comme une figure centrale du monde du casino en France. Décédé mercredi à l’âge de 94 ans, ce patriarche charismatique laisse derrière lui un empire bâti sur la prise de risque et une confiance en soi sans faille. Né en 1931 à Trezel, alors sous domination française, ce fils de commerçants juifs de l’Oranais a commencé sa carrière loin des tables de jeu, dans la peau d’un simple radioélectricien. D’emblée, son flair pour les affaires transparaît : il devient concessionnaire Philips en Algérie, puis s’installe dans le Pas-de-Calais où il investit tour à tour dans une piste de karting et une boîte de nuit.
L’épopée des casinos : flair et audace commerciale
Jamais homme à s’encombrer des sentiers battus, Isidore Partouche refuse toute aide destinée aux rapatriés après son arrivée en métropole. Il connaît quelques déboires fiscaux – notamment pour avoir omis plusieurs années durant de déclarer ses revenus – mais rien ne semble entamer sa détermination. Le véritable tournant survient en 1973 : il rachète pour un franc symbolique le petit casino moribond de Saint-Amand-les-Eaux (Nord), qu’il redresse avec sa famille. Ce « coup de poker » amorce une série d’acquisitions stratégiques : Le Touquet, Calais, Vichy ou encore La Ciotat rejoignent peu à peu son portefeuille. Plusieurs éléments expliquent cette expansion rapide :
- Sens aigu des opportunités économiques
- Mise sur les machines à sous dès leur légalisation en France
- Restructuration efficace et diversification vers les loisirs
L’âge d’or des machines à sous et la révolution « Pasino »
La fin des années 1980 marque un tournant majeur : la légalisation des machines à sous. Flairant leur potentiel avant tous les autres casinotiers français, il équipe ses établissements de ces nouveaux « bandits manchots », qui feront sa fortune. Dans la foulée, il introduit le groupe en Bourse (1995) et invente le concept novateur du « Pasino » : complexes associant jeux traditionnels, espaces événementiels et spectacles.
L’empire familial au sommet
En seulement quelques décennies, le groupe dirigé par Isidore Partouche surpasse même l’autre géant historique du secteur – le groupe Barrière – en nombre d’établissements sur l’Hexagone. Aujourd’hui fort de 44 casinos répartis en France et à l’international, douze hôtels et autant de restaurants, il dispose également de plus de 4 800 machines à sous. Lors du dernier exercice (2023-2024), le chiffre d’affaires s’est élevé à 434 millions d’euros, avec un bénéfice net atteignant quatre millions d’euros.
Sa devise favorite restait sur toutes les lèvres : « Pour gagner au casino, il faut en acheter un ! » Une boutade qui résume bien l’audace visionnaire d’un autodidacte devenu figure tutélaire du monde du jeu.
