Le Livret A n’attire plus : une rupture inédite avec les épargnants français

Image d'illustration. Livrets d'épargneADN
Alors que le Livret A a longtemps été plébiscité par les épargnants, les derniers chiffres révèlent une baisse notable de son attractivité auprès des Français, qui se tournent désormais vers d’autres solutions pour faire fructifier leur argent.
Tl;dr
- Désamour inédit pour le Livret A en juillet.
- Assurance vie et LDDS attirent plus d’épargne.
- LEP sous-utilisé malgré ses avantages.
Épargne : le Livret A marque le pas, l’assurance-vie séduit
Chose rare, mais pas totalement surprenante : les Français ont davantage vidé leur Livret A qu’ils ne l’ont alimenté au mois de juillet. Selon les dernières données publiées par la Caisse des dépôts, ce sont 70 millions d’euros de retraits nets qui ont été enregistrés, un phénomène qui n’avait plus été observé à pareille période depuis près d’une décennie. Une « décollecte nette » qui survient alors que le taux de rendement du Livret A vient tout juste d’être abaissé, passant de 2,4 % à 1,7 % au 1er août. Une coïncidence ? Sans doute pas.
Une concurrence accrue des autres produits d’épargne
L’appétit des épargnants s’est manifestement porté ailleurs. Du côté des fonds euros de l’assurance-vie, la collecte a progressé tout au long de l’année. Avec un taux moyen affiché à 2,6 % selon l’ACPR, régulateur affilié à la Banque de France, ces contrats reprennent leur attractivité, même si ce rendement reste brut d’impôts — contrairement à celui du Livret A. Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), quant à lui, tire aussi son épingle du jeu : en juillet, les dépôts y ont dépassé les retraits de 340 millions d’euros.
D’ailleurs, malgré ce reflux passager sur le Livret A, les Français restent attachés à ces produits défensifs. En additionnant Livret A et LDDS, ils détiennent aujourd’hui la somme record de 609,4 milliards d’euros ; un chiffre néanmoins modeste face aux encours cumulés de l’assurance-vie qui s’envolent au-delà des 2.000 milliards.
LEP : un potentiel inexploité malgré des atouts certains
La situation diffère pour le Livret d’épargne populaire (LEP). S’il a enregistré une hausse notable (+450 millions d’euros en juillet), portée par son rendement avantageux et réservé aux ménages modestes, sa progression est freinée par de nombreuses fermetures récentes — consécutives au dépassement du plafond de ressources autorisé. Résultat : une baisse proche des 2 milliards depuis fin décembre dernier.
Plus frappant encore : ce produit peine toujours à trouver son public. Les banques mettent rarement en avant cet outil pourtant attractif pour nombre d’épargnants. Ainsi, selon la Banque de France, on ne table que sur une légère augmentation du nombre de détenteurs — passant de 11,9 à seulement 12,2 millions fin 2025 — alors que plus de 19 millions pourraient y prétendre et que quelque 31 millions seraient techniquement éligibles.
Parmi les raisons avancées pour expliquer cette sous-utilisation :
- Mise en avant insuffisante dans les agences bancaires.
- Méconnaissance du produit chez les épargnants potentiels.
À l’heure où l’inflation rogne le pouvoir d’achat et où chaque placement compte, la question demeure : pourquoi tant laisser dormir ce levier d’épargne accessible ?
