La victoire démocrate aux midterms fait baisser les taux et grimper les Bourses. Mais un secteur, dopé jusque-là par les dépenses, se retourne nettement.
En bref
- Les taux reculent après le vote
- Les Bourses montent des deux côtés de l’Atlantique
- Les valeurs IA perdent du terrain
Les taux envoient le premier signal
C’est par les taux d’emprunt que le message est passé le plus vite. Après les midterms américains de 2026, les investisseurs ont parié sur une gouvernance divisée à Washington, donc sur une capacité plus faible à lancer de grands plans de dépenses publiques.
Chez Schroders, les analystes estiment qu’un Congrès partagé a souvent été favorable aux marchés, parce qu’il freine la dépense. Résultat, le rendement du bon du Trésor américain à dix ans est tombé à 4,92 %, contre 4,96 % la veille. En France, le mouvement a aussi été net, avec un taux à 4,85 %, contre 4,95 % en clôture mardi, un point loin d’être anodin alors que la dette française reste très surveillée.
Actions en hausse, pétrole en repli
Sur les actions, la réaction a été franche. À New York, le S&P 500 gagnait 1,69 %, le Nasdaq 2,07 % et le Dow Jones 2,39 % dans les premiers échanges. En Europe, le Stoxx 600 avançait de 1,87 %, avec Paris à 2,21 %, Francfort à 2,24 %, Milan à 2,58 % et Londres à 1,81 %.
Bon, tout ne vient pas seulement du budget. Ipek Ozkardeskaya, chez Swissquote Bank, note que le nouveau Congrès pourrait aussi peser contre de nouveaux financements militaires et pousser vers une issue plus diplomatique sur la guerre en Iran. Cette perspective a détendu le marché du pétrole. Le Brent reculait de 2,97 %, à environ 92 euros (100,52$) le baril, et le WTI de 2,96 %, à environ 86 euros (93,25$).
Selon Florian Ielpo, de Lombard Odier IM, les marchés voient dans ce scrutin une probabilité bien plus faible de nouveaux plans massifs, avec un regain d’espoir sur l’assainissement budgétaire.
Dollar plus faible, or plus fort, et l’IA sous pression
Le dollar, lui, a reculé. L’euro prenait 0,58 % face au billet vert, à 1,1259 dollar. Pour Ipek Ozkardeskaya, moins de dépenses publiques pourrait aussi signifier une croissance plus lente que prévu, surtout si l’élan de l’IA se tasse. Et les valeurs refuge ont suivi, avec l’or en hausse de 2,67 %, à environ 3711 euros (4.034$) l’once, et l’argent en progression de 4,31 %, à environ 49 euros (52,94$).
C’est là que le tableau se complique. Thomas Hempell, chez Generali, souligne que le marché craint un durcissement de la réglementation sur l’IA et un ralentissement des infrastructures liées à cette technologie. À New York, Micron perdait 3,36 %, Nvidia 1,61 % et Broadcom 1,31 %. En Europe, même tonalité pour ASML, ASM International, STMicroelectronics, Infineon ou BE Semiconductor Industries.
Mais les renouvelables profitaient de la défaite républicaine. Vestas, Orsted, Nordex, EDP Renewables et RWE avançaient. Pour vous, le point clé est là, les marchés achètent moins une euphorie politique qu’un scénario très précis, moins de dépenses, moins de pression sur les taux, et des gagnants sectoriels déjà bien identifiés.