Un nouvel indice classe la France devant l’Allemagne en matière de capitalisme. Pas grâce à un bond français, surtout à l’essoufflement allemand.
En bref
- France 21e, Allemagne 24e
- Le recul allemand pèse lourd
- Les banques françaises font l’écart
La surprise existe, mais il faut regarder les chiffres en face. Dans le Global Capitalism Index, la France n’est que 21e et l’Allemagne 24e, sur 161 pays. Autrement dit, Paris passe devant Berlin, oui, mais les deux grandes économies européennes restent à bonne distance de la tête.
Un duel européen qui cache des places modestes
En haut du tableau, on trouve l’Suisse, devant les Etats-Unis et Hong Kong. Dans la zone euro, c’est le Luxembourg qui fait la course en tête avec une 6e place. Le Royaume-Uni, 12e, et la Belgique, 19e, devancent aussi la France et l’Allemagne.
Ça compte, parce que l’écart franco-allemand peut donner l’impression d’un basculement massif. En réalité, ce classement raconte surtout une hiérarchie plus large du capitalisme mondial, où les deux voisins ne dominent pas.
Ce que mesure vraiment ce nouvel indice
L’indice a été construit par des chercheurs de l’Université de Virginie. Leur définition du capitalisme repose sur la capacité à déployer des capitaux sur des marchés ouverts, avec le moins de contraintes possible, qu’elles viennent du public ou du privé.
Pour attribuer les scores, ils ont retenu plusieurs grands blocs. Le droit de propriété, l’ouverture du marché du travail, ou encore le système bancaire. Les auteurs ont aussi reconstitué les classements des années précédentes, ce qui permet de voir les trajectoires. Et tout en bas, on retrouve le Venezuela, dirigé pendant treize ans par Maduro.
L’Allemagne recule plus que la France n’avance
C’est là que se joue le vrai sujet. Si la France passe devant, ce n’est pas d’abord grâce à une envolée française. C’est surtout lié à la dégradation allemande.
L’Allemagne était 7e en 2018. Elle tombe aujourd’hui à la 24e place. Le décrochage est net, et il colle à la méforme de son économie observée depuis quelques années. Résultat, la comparaison tourne en faveur de la France.
Le vrai point fort français, ce sont les banques
Sur plusieurs critères, la France ne fait pas mieux que l’Allemagne, notamment sur les droits de propriété. Cela recouvre, entre autres, l’exécution des contrats, la stabilité de l’Etat ou la protection de la propriété intellectuelle.
Mais la différence se fait ailleurs, dans le secteur bancaire. La France dispose de l’un des plus puissants d’Europe, avec entre quatre et cinq banques présentes dans le top 10 européen selon les critères retenus. Les banques allemandes, elles, sont en général plus petites. Elles ont aussi moins participé à la vague de fusions-acquisitions de la fin des années 1990 et du début des années 2000, celle qui a notamment abouti à la création de BNP Paribas en 1999. En gros, le modèle français est plus international, quand l’Allemagne reste davantage organisée sur une base régionale.
Ce que ça change pour vous ? Surtout la lecture du rapport de force européen. La France dépasse l’Allemagne dans cet indice, mais sur un levier précis, la banque, pas sur l’ensemble de son économie.