Pourquoi les détroits inquiètent désormais bien au-delà du Golfe

Image d'un navire-citerne traversant le détroit d'Hormuz avec des rives rocheuses en arrière-plan et une mer cristalline.
Image d'illustration. Pétrolier dans le détroit d'Ormuz — ADN

Deux passages maritimes sont perturbés au Moyen-Orient, mais l’enjeu dépasse la région. Pétrole, fret et délais vers l’Europe sont directement touchés.

En bref

  • Deux détroits du Moyen-Orient sont perturbés
  • Ils pèsent 30 % du pétrole mondial
  • Malacca reste le passage le plus fréquenté

Près de 30 % du commerce mondial de pétrole passent par deux détroits aujourd’hui secoués par le conflit. Vu d’Europe, ce n’est pas une querelle lointaine. Ce sont des routes qui décident du temps de transport, de l’accès au pétrole et, au bout de la chaîne, de la pression sur les économies.

Deux goulets d’étranglement qui pèsent lourd sur le pétrole

Dans le détroit d’Ormuz, la circulation du trafic maritime est de nouveau à l’arrêt avec la reprise de la guerre entre l’Iran et les Etats-Unis. Et au large du Yemen, le détroit de Bab-el-mandeb est à son tour perturbé par les rebelles Houthies, décidés à entrer dans la guerre aux côtés de l’Iran et à frapper les économies occidentales.

En gros, ces deux passages ne sont pas seulement stratégiques sur une carte. Réunis, ils représentent près d’un tiers du commerce mondial de pétrole. Résultat, chaque blocage ou simple perturbation y prend tout de suite une dimension mondiale.

Bab-el-mandeb, le passage qui raccourcit l’Asie-Europe

Le cas de Bab-el-mandeb est particulièrement sensible. Ce détroit ouvre l’accès au canal de Suez et à la Méditerranée, donc à une route maritime décisive entre l’Asie et l’Europe.

La différence est très concrète. Passer par là fait gagner plus de dix jours de mer au fret maritime, comparé à un détour par le cap de Bonne-Espérance. Jeudi, les Houthies ont revendiqué l’attaque de deux pétroliers saoudiens. Ce n’est pas un détail technique, c’est un point de fragilité direct pour les flux de marchandises et d’énergie.

Malacca reste le plus crucial en volume

Mais le détroit le plus fréquenté de la planète n’est ni Ormuz ni Bab-el-mandeb. Ce titre revient à Malacca, en Malaisie, par lequel transitent les navires commerçant entre l’Asie et l’Europe.

C’est un point utile à garder en tête. Les détroits du Moyen-Orient sont cruciaux pour l’alimentation en pétrole des économies occidentales, quand même, mais la géographie des passages stratégiques est plus large. Parmi eux figurent aussi le détroit de Demnatar en Scandinavie, les détroits de Turquie et le canal de Panama.

Pourquoi cela compte au-delà de la carte

Ce que cette séquence montre, c’est la dépendance du commerce mondial à quelques passages très étroits. Quand l’un bloque, les délais s’allongent. Quand un autre est attaqué, le trafic maritime est perturbé. Et quand ces routes concernent en plus le pétrole, l’effet dépasse vite la région.

Pour vous, l’enjeu est là. Pas dans la seule géopolitique, mais dans la solidité des grandes routes entre l’Europe, l’Asie et les zones de production d’énergie.

Germain Montor

Spécialiste de l'économie et de la vie pratique

Rédacteur web, je crée des contenus clairs et engageants.

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