Une pension sur sept serait mal calculée, souvent au détriment des assurés. En mai, votre espace retraite permet de traquer un oubli et parfois un rappel.
En bref
- Une pension sur sept serait mal calculée
- Le contrôle se fait sur Info-Retraite
- Une correction peut ouvrir un rappel
Une pension sur sept est mal calculée, d’après la Cour des comptes, et l’erreur joue le plus souvent contre l’assuré. Vu comme ça, le versement de mai n’est plus un simple passage sur le relevé bancaire. C’est plutôt un moment utile pour vérifier si votre retraite correspond vraiment à votre carrière.
Le relevé de mai ne dit pas toujours toute l’histoire
En mai, beaucoup de retraités voient enfin ce qu’ils ont touché sur un an, avec la hausse annuelle et d’éventuels rappels du début de printemps. Le Groupement d’intérêt public Union Retraite, qui pilote le compte retraite en ligne, rappelle qu’une petite erreur de carrière peut peser chaque mois sur le montant versé. Pas de quoi paniquer. Mais de quoi regarder de près.
Le problème, c’est que le calcul repose sur des données techniques, transmises par les employeurs via la DADS puis la DSN, ensuite croisées entre régimes. Une fusion d’entreprise, un emploi d’été déclaré trop tard, ou une période de chômage non indemnisé, et un trimestre peut disparaître. Hier, on suivait cela avec le livret ouvrier, imposé en 1854 sous Napoléon III. Aujourd’hui, tout passe par le relevé de carrière en ligne.
Le bouton utile est dans le compte retraite
La vérification se fait sur Info-Retraite ou dans l’espace de l’Assurance retraite. Une fois connecté avec FranceConnect, il faut ouvrir « Voir ma carrière ». Vous y retrouvez, année par année, les salaires, les trimestres et les points, y compris ceux de l’Agirc-Arrco.
Juste au-dessus, on peut télécharger le Relevé individuel de situation, le RIS, en PDF. Pratique pour comparer avec ses bulletins de salaire ou ses attestations Pôle emploi. Et le vrai clic utile est à côté, avec le service « Corriger ma carrière », parfois affiché comme « Corriger mon relevé de carrière ».
Les erreurs viennent souvent de la carrière, pas du hasard
Vous pouvez y signaler une période absente, un salaire erroné ou une majoration familiale oubliée. Il faut joindre les preuves numérisées, bulletins de salaire, documents de chômage, relevés de caisse maladie, livret de famille pour les enfants. Ensuite, la demande part vers les caisses concernées et le suivi se fait dans « Suivi de mes demandes ».
Bon, le réflexe utile consiste aussi à repérer les années vides et à contrôler les périodes de maladie, de maternité, de service national ou de chômage. Comparez les salaires et les points avec vos justificatifs. Si un écart apparaît, mieux vaut lancer la correction sans attendre.
Ce que l’erreur peut coûter, très concrètement
Certaines rectifications pèsent lourd. L’exemple le plus parlant reste la majoration de 10 % accordée, dans le régime général, aux parents d’au moins trois enfants. Pour une pension de base de 1 200 euros par mois, un oubli représente 120 euros mensuels, soit 1 440 euros sur un an et plus de 7 000 euros sur cinq ans.
Et si l’erreur vient de l’administration, avec preuve à l’appui, la pension peut être révisée. Un rappel rétroactif peut alors être versé, y compris plusieurs années après la liquidation. Ce que ça change pour vous est assez simple : un contrôle de quelques minutes peut corriger durablement le montant touché chaque mois.