Une étude du Boston Consulting Group montre un déclic net dès que l’épargne retraite est expliquée. Reste un frein, le manque d’accompagnement.
En bref
- Beaucoup se jugent mal préparés à la retraite
- Mieux informés, 74 % se disent intéressés
- Le PER reste encore trop mal compris
Le malaise de départ, une retraite jugée mal préparée
Huit actifs sur dix ou presque. C’est le niveau d’inquiétude relevé par Boston Consulting Group chez les moins de 65 ans disposant de moins de 250 000 euros d’actifs dans son échantillon. En France, 80 % d’entre eux estiment ne pas être suffisamment prêts financièrement pour la retraite. Même au-delà de ce niveau de patrimoine, le doute reste fort, avec 49 % des répondants concernés.
Ce chiffre dit quelque chose de simple. La pension future ne suffit plus, dans l’esprit de beaucoup, à sécuriser le niveau de vie. D’où la recherche d’un complément de revenus via une épargne personnelle ou un dispositif proposé par l’employeur.
Un produit connu de nom, mais pas vraiment compris
L’étude, menée en septembre 2026 auprès de plus de 6 000 personnes en France, en Italie, en Allemagne et en Espagne, pointe surtout un défaut d’information. En France, seuls 48 % des personnes interrogées disent connaître les solutions individuelles d’épargne retraite. Et 26 % seulement en détiennent une.
Les dispositifs collectifs liés au travail sont encore moins identifiés. Pourtant, le marché s’est structuré autour du Plan d’épargne retraite, le PER, créé par la loi Pacte en 2019. Le produit permet des versements volontaires et, selon les cas, une sortie en capital ou en rente. Sur le papier, l’outil est assez souple. En pratique, il reste visiblement flou pour pas mal de ménages.
L’effet information change nettement la donne
C’est là que l’étude devient intéressante. Une fois le fonctionnement des produits expliqué, 74 % des Français de l’échantillon cible se disent intéressés par les solutions d’épargne retraite privée.
Et ce n’est pas un petit frémissement. Les répondants déclarent vouloir augmenter en moyenne de 10 points la part de leur épargne consacrée à cet objectif. Le chiffre de 9 % parfois avancé renvoie donc plutôt à un ordre de grandeur. Le document de Boston Consulting Group, lui, parle bien de 10 points. Bon, il faut garder la tête froide, on parle ici d’une intention après information, pas d’une hausse automatique des versements.
Internet monte, les professionnels arrivent trop tard
Face à ces questions, beaucoup cherchent d’abord seuls. Boston Consulting Group observe une montée d’Internet et des outils d’intelligence artificielle comme sources d’information, surtout chez les plus jeunes.
Mais chercher n’est pas être conseillé. En France, seulement 17 % des personnes interrogées disent que leur réflexion a démarré après un échange avec un banquier, un assureur, un courtier ou un conseiller en gestion de patrimoine. Le décalage est là. Les épargnants se disent ouverts à être contactés lors de moments de vie importants, alors que les professionnels restent peu présents au début du parcours. Pour vous, l’enjeu concret est surtout là, comprendre tôt, puis comparer frais, supports et conditions de sortie avant d’aller plus loin.