Réversion Agirc-Arrco, ce calcul qui menace les unions tardives

Retraites
Image d'illustration. Un couple de retraités découvrant un courrier. — ADN

La piste d’un calcul lié à la durée du mariage inquiète à l’Agirc-Arrco. Pour certains veufs et veuves, la pension pourrait fondre.

  • Un nouveau calcul est envisagé
  • Les unions courtes seraient pénalisées
  • Rien n’est encore acté

Perdre près de 540 euros par mois sur une pension de réversion, ce n’est pas un détail. C’est pourtant l’ordre de grandeur avancé dans une simulation relayée par Cap Retraite autour d’une possible réforme de l’Agirc-Arrco.

Quand 719 euros peuvent tomber à 90 euros

Le cas présenté est très parlant. Pour un assuré décédé à 72 ans avec 10 000 points, la règle actuelle donne au conjoint survivant une réversion de 8 631,60 euros bruts par an, soit 719,30 euros par mois.

Avec le scénario de calcul étudié, fondé sur une durée de mariage de 5 ans pour une carrière de 40 ans, la réversion ne représenterait plus qu’environ 15 % des points. Dans cet exemple, une veuve passerait autour de 90 euros mensuels. Le choc est massif, surtout pour des couples formés tardivement.

La règle actuelle reste simple, mais très encadrée

Aujourd’hui, le régime complémentaire des salariés du privé verse 60 % des points acquis par le défunt. En 2026, ce calcul repose sur une valeur de service du point de 1,4386 euro, gelée jusqu’au 1ᵉʳ novembre 2026 selon l’Agirc-Arrco.

Mais il y a des conditions. Il faut être marié et avoir au moins 55 ans. Le PACS et le concubinage n’ouvrent pas de droit. Et un remariage supprime ce droit. Aucun plafond de ressources n’est appliqué. La durée du mariage, elle, ne modifie pas le montant pour un conjoint unique. Elle sert déjà à répartir la réversion entre ex-conjoints, comme le rappellent Légifrance et Service-public.fr.

La double proratisation, un scénario sans portée juridique

Ce qui fait débat, c’est l’idée d’une double proratisation évoquée par le Conseil d’orientation des retraites. Le principe serait de multiplier le taux de 60 % par un ratio entre la durée du mariage et la durée totale d’assurance du défunt. Ensuite, s’il existe plusieurs conjoints ou ex-conjoints, la somme serait partagée.

Dans l’exemple repris par Cap Retraite, avec un ratio de 25 %, la pension tomberait à 2 157,90 euros bruts par an au lieu de 8 631,60. Point important quand même, le COR ne présente là qu’un scénario de travail, sans valeur juridique à ce stade.

Les profils les plus exposés et ce qu’il faut surveiller

Les unions de fin de vie, les seconds mariages conclus tard et les conjoints ayant peu ou pas cotisé ressortent comme les plus fragiles. Souvent des femmes. La DREES indique d’ailleurs que près de 88 % des bénéficiaires d’une pension de réversion sont des femmes.

Rien ne bougera sans accord entre partenaires sociaux au conseil d’administration de l’Agirc-Arrco. La réunion du 17 octobre 2025 n’a pas débouché sur un accord, maintenant le gel du point. En attendant, ce dossier change surtout une chose pour vous, il rappelle que seuls le mariage ouvre ce droit, qu’il faut vérifier son relevé de points, et qu’une demande déposée dans les douze mois suivant le décès limite la perte d’arriérés.