Verney-Carron : deux propositions sur la table pour sauver l’armurier français

Image d'illustration. Transformation de bureaux en logementsADN
Placée en redressement judiciaire, la société Verney-Carron, emblématique fabricant français d’armes basé à Saint-Étienne, suscite l’intérêt de deux repreneurs potentiels. Ces propositions pourraient assurer la pérennité de cette entreprise historique fondée en 1820.
Tl;dr
- Deux offres de reprise pour Verney-Carron examinées.
- L’entreprise souffre d’un fort recul des ventes.
- Décision du tribunal attendue le 4 juin.
Une décision cruciale attendue pour Verney-Carron
Depuis quelques mois, l’avenir du dernier grand fabricant français d’armes de petit calibre, Verney-Carron, est suspendu aux délibérations du tribunal de commerce de Saint-Etienne. Ce mercredi, deux repreneurs potentiels étaient en lice pour redonner un souffle à cette entreprise en difficulté : d’une part, le groupe ligérien Rivolier, connu pour son activité d’importation et de distribution d’armes, et, de l’autre, l’industriel belge FN Browning, acteur majeur du secteur.
Des propositions contrastées face à un contexte tendu
Les discussions s’annoncent serrées. D’après des informations concordantes recueillies par la presse régionale, chacune des deux parties a avancé des conditions distinctes. Pour éclairer les choix posés sur la table :
- Rivolier souhaite reprendre 55 salariés sur les 67 actuels et projette un investissement dans un bâtiment industriel flambant neuf.
- FN Browning, quant à lui, propose le maintien de 50 emplois ainsi que des investissements industriels sur le site historique stéphanois.
Notons que le groupe belge met également en avant sa collaboration avec l’État français dans le cadre du réarmement national — un argument non négligeable à l’heure où la souveraineté industrielle occupe une place stratégique.
Un poids lourd fragilisé par la conjoncture
Cependant, la situation financière reste préoccupante. Après avoir frôlé les cinq millions et demi d’euros en 2023, le chiffre d’affaires de Verney-Carron a plongé sous la barre des quatre millions l’an passé. À cela s’ajoute un passif déclaré avoisinant les vingt millions d’euros. L’échec récent d’un contrat avec l’Ukraine n’a fait qu’aggraver la tendance, laissant peu de marge à une entreprise déjà fragilisée par la chute prolongée des ventes de fusils et carabines.
L’héritage menacé et les enjeux industriels
Fondée en 1820, la manufacture Verney-Carron, longtemps spécialisée dans les armes de chasse et célèbre pour avoir inventé les « Flash-balls », avait tenté une diversification dans l’armement militaire léger. Un virage qui n’aura pas permis de compenser la perte du partenariat avec le ministère de l’Intérieur ni l’érosion du marché traditionnel. À présent, il ne reste plus qu’à patienter jusqu’au verdict du tribunal prévu pour le 4 juin : une date décisive pour toute une filière industrielle française.
