TotalEnergies chiffre à 200 millions d’euros le coût du plafonnement des carburants en France et lie désormais ce geste à un possible tour de vis fiscal.
En bref
- TotalEnergies évoque 200 millions d’euros de manque à gagner
- Patrick Pouyanné lie ce geste à une surtaxation possible
- Le groupe a gagné 4,96 milliards au trimestre
Le message de TotalEnergies est simple, et très politique. Si le groupe continue de plafonner ses prix en France, il ne veut pas en plus se voir imposer une taxation supplémentaire sur ses profits.
Le plafonnement devient un argument dans le bras de fer fiscal
Devant une commission parlementaire, Patrick Pouyanné a répondu pendant plus de deux heures aux députés sur la fiscalité du groupe, la question des superprofits et la taxation des carburants. C’est là qu’il a remis sur la table son avertissement. Si le Parlement choisissait une surtaxe, TotalEnergies en tirerait les conséquences, avec en creux une menace sur le maintien du plafonnement.
Le patron du groupe a même formulé les choses très directement, en estimant qu’on ne pouvait pas lui prendre deux fois le même argent. Dit autrement, l’entreprise présente son effort commercial comme une forme de contribution déjà versée.
Deux chiffres dominent le dossier
Il y a d’un côté 200 millions d’euros. C’est le manque à gagner avancé par Patrick Pouyanné depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, en raison du plafonnement des carburants dans les stations du groupe en France.
Et de l’autre, il y a 4,96 milliards d’euros de bénéfices au premier trimestre pour TotalEnergies, soit une progression de 51 % sur un an. C’est évidemment ce télescopage qui alimente la controverse. Le groupe met en avant son effort sur les prix. Ses détracteurs, eux, regardent d’abord la rentabilité mondiale et le faible impôt sur les sociétés payé en France au regard de ces bénéfices.
Comment le groupe justifie ses pertes sur le carburant
Sur le fond, Patrick Pouyanné assure que le plafond appliqué est inférieur au prix de revient. Dans ce contexte, il laisse entendre que TotalEnergies vend son carburant à perte.
Mais il a aussi reconnu que son chiffrage restait approximatif. Le calcul repose sur une estimation de ce que le groupe aurait pratiqué dans ses stations-service sans la crise actuelle. Ce n’est donc pas une facture comptable présentée ligne par ligne, plutôt un ordre de grandeur utilisé dans le débat public.
Pourquoi cette séquence compte pour les automobilistes
Ce débat ne reste pas cantonné aux bancs de l’Assemblée. Le plafonnement a été apprécié par les consommateurs, et le gouvernement l’a salué aussi, dans un contexte de marges budgétaires limitées.
Patrick Pouyanné a insisté sur un autre point, en affirmant que TotalEnergies était la seule compagnie pétrolière à avoir mis en place une telle mesure dans le monde. Bref, pour vous, l’enjeu est concret. Si le bras de fer fiscal se durcit, ce coup de pouce à la pompe pourrait devenir plus fragile.