Au premier semestre 2026, plus de 33.000 dirigeants ont perdu leur activité. Les très petites structures restent les plus exposées, mais pas seulement.
En bref
- 33 000 dirigeants sans activité au premier semestre
- Les très petites entreprises concentrent l’essentiel des cas
- Environ 80 000 salariés touchés indirectement
Quand un patron perd son activité, il n’y a pas que son revenu qui disparaît. Selon Altares, ces 33 000 pertes d’emploi de dirigeants recensées en France au premier semestre 2026 ont aussi entraîné environ 80 000 pertes d’emplois salariés. C’est ce qui rend le signal préoccupant: on ne parle pas seulement d’entrepreneurs en difficulté, mais d’un morceau du tissu économique qui se fragilise.
Sur six mois, le nombre de dirigeants retrouvés sans activité augmente de près de 7 % par rapport à la même période de 2025, d’après l’Observatoire GSC-Altares.
Derrière 33 000 dirigeants touchés, un choc bien plus large
Le constat vaut pour tout le pays. Thierry Millon, directeur des études d’Altares, relie directement ces disparitions d’activité à l’onde de choc sur l’emploi salarié. Pour vous, lecteur, ça dit une chose simple: quand une petite entreprise tombe, l’impact reste rarement limité à son seul dirigeant.
Et le contexte reste celui d’une fragilité persistante des entreprises françaises. Pas de quoi dramatiser à l’excès, mais la tendance ne va pas dans le bon sens.
Les plus petites structures restent en première ligne
Les très petites entreprises paient le prix fort. Les chefs d’entreprise à la tête de structures de moins de trois salariés concentrent à eux seuls près de 75 % des pertes d’emploi recensées.
Mais le sujet ne concerne plus seulement les « petits » patrons. Au premier semestre, 694 dirigeants d’entreprises comptant au moins 20 salariés ont aussi perdu leur activité. Et la dégradation s’accélère au sommet: pour les sociétés de plus de 50 salariés, les pertes d’emploi de dirigeants bondissent de près de 52 % sur un an. Même logique côté chiffre d’affaires, avec +26,4 % au-delà de 5 millions d’euros et +47,3 % au-delà de 10 millions.
Hervé Kermarrec, président de l’association GSC, rappelle d’ailleurs, « aucun chef d’entreprise n’est à l’abri ». La GSC, portée notamment par le Medef, la CPME et l’U2P, sert justement à apporter une réponse financière à ces pertes d’emploi de dirigeants.
Construction, commerce, restauration, les secteurs sous pression
Le secteur le plus touché reste la construction, avec 7 718 dirigeants sans activité, soit près d’un quart du total national. Le niveau reste presque stable sur un an, ce qui n’enlève rien à son poids.
Derrière, le commerce compte 6.971 entrepreneurs touchés, en hausse de 3,7 %. L’hébergement-restauration grimpe davantage, +10,4 %, pour 5 057 dirigeants concernés. Les services aux entreprises, eux, montent encore plus vite, à +15,2 %, avec 4.770 entrepreneurs affectés.
Des écarts régionaux marqués, avec l’Île-de-France en tête en volume
Toutes les régions ne bougent pas au même rythme. Les Hauts-de-France affichent la plus forte hausse, à +11 %. Suivent la Nouvelle-Aquitaine et la Bourgogne-Franche-Comté, à +9,6 % chacune.
En volume, c’est l’Île-de-France qui pèse le plus lourd. Première région économique du pays, elle concentre à elle seule près d’un quart des pertes d’emploi de dirigeants, avec 7 860 cas sur le semestre, en hausse de 5,8 %. Clairement, le phénomène dépasse désormais quelques secteurs ou quelques territoires isolés.