Le nombre de patrons se retrouvant au chômage atteint un niveau inédit

Image d'illustration. Deux hommes discutent lors d'une réunionADN
Le nombre de chefs d’entreprise inscrits à Pôle emploi atteint un niveau inédit. Cette tendance, révélée par les dernières statistiques, souligne une augmentation marquée des dirigeants contraints de cesser leur activité et de rechercher un emploi.
Tl;dr
- Record de pertes d’emploi pour les dirigeants en 2025.
- Les jeunes entrepreneurs sont de plus en plus touchés.
- L’ancienneté ne protège plus face à la crise.
Un record de pertes d’emploi chez les chefs d’entreprise
Le paysage entrepreneurial français traverse une période délicate : jamais autant de dirigeants n’avaient perdu leur emploi qu’en 2025. C’est ce que révèle l’analyse conjointe menée par l’association GSC, spécialisée dans la garantie sociale des chefs d’entreprise, et le cabinet de données Altares. Le dernier rapport, publié lundi, indique que 61 459 chefs d’entreprise ont été contraints de cesser leur activité cette année. Ce niveau inégalé s’inscrit néanmoins dans une dynamique qui semble marquer une pause, avec une hausse contenue à seulement 1 % par rapport à 2024.
Un contexte économique incertain qui fragilise les dirigeants
Après des augmentations spectaculaires observées ces trois dernières années – +34 % en 2022, +33 % en 2023 puis +18 % en 2024 – la tendance semble aujourd’hui s’essouffler. Mais derrière cette apparente stabilisation, la réalité demeure préoccupante. Selon le président de l’association GSC, Hervé Kermarrec, « les chefs d’entreprise naviguent à vue dans un contexte économique fortement dégradé ». L’assurance-chômage spécifique, administrée notamment par le Medef, la CPME et l’U2P, se trouve ainsi sollicitée plus que jamais.
L’ancienneté ne protège plus : évolution du profil des dirigeants concernés
L’étude pointe également un fait marquant : l’âge médian des dirigeants touchés baisse légèrement, passant de 46,3 à 45,8 ans. Autrement dit, la crise atteint désormais des profils plus jeunes ; les moins de 26 ans représentent une part croissante des pertes d’emploi. Pourtant, la tranche des 41-50 ans reste la plus exposée (28,4 %), une proportion stable malgré tout. Plus surprenant encore : « L’ancienneté n’offre plus de protection dans le contexte économique actuel », souligne l’observatoire. De nombreux dirigeants expérimentés à la tête d’entreprises établies depuis plus de dix ans se retrouvent désormais vulnérables face à cette nouvelle donne.
Secteurs touchés et disparités générationnelles
Si la construction (25,2 %) et le commerce (21,3 %) demeurent les secteurs concentrant le plus grand nombre de liquidations judiciaires – notons toutefois un léger recul respectif des procédures dans ces domaines –, tous les autres secteurs enregistrent au contraire une hausse parfois significative. Quant aux entrepreneurs de plus de 50 ans, ils semblent mieux résister : les pertes d’emploi diminuent pour les catégories 51-60 ans (-4,6 %) et même au-delà (-8,2 % chez les plus de 60 ans).
Ces chiffres témoignent sans détour des difficultés persistantes auxquelles fait face le tissu entrepreneurial français. Derrière eux se dessine un marché du travail mouvant où les repères traditionnels vacillent et où aucun dirigeant n’est définitivement épargné par l’incertitude économique actuelle.
