Après avoir abaissé sa prévision, la Banque de France voit de nouveau une issue plus favorable. Le recul du pétrole change une partie de l’équation.
En bref
- Le pétrole baisse, l’horizon s’éclaircit un peu
- La Banque de France reste plus prudente
- L’Insee voit une année moins faible
Le baril a reculé, et ce simple mouvement change déjà le ton. À Paris, le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a expliqué jeudi que l’institution regardait de nouveau un scénario positif pour la croissance française, après le cessez-le-feu et la détente sur les prix du pétrole.
Le pétrole rebat les cartes, au moins un peu
Ce que dit Emmanuel Moulin est assez clair. Avec l’arrêt des combats en Iran et le reflux des cours, les nouvelles sont meilleures que celles intégrées il y a encore quelques jours. Il a parlé, à la grande assemblée des Entrepreneurs, le nouveau nom de la CPME, de « bonnes nouvelles » qui orientent plutôt vers un scénario plus favorable qu’un scénario dégradé.
Ce point compte parce que l’énergie pèse vite sur le reste. Quand le pétrole monte, les coûts de transport, de production et, à terme, une partie des prix suivent. Quand il redescend, la pression se relâche. Pas de miracle pour autant, mais un peu d’air.
Des prévisions encore loin d’être alignées
La prudence reste nette du côté de la Banque de France. Son scénario central table sur une croissance proche de zéro au deuxième trimestre, après déjà -0,1 % au premier. C’est ce qui l’a conduite, le 16 juin, à abaisser sa prévision annuelle de 0,4 point, à 0,5 %.
Le contraste avec l’Insee saute aux yeux. L’institut a publié dès le lendemain une estimation plus solide, avec 0,3 % au deuxième trimestre et 0,7 % sur l’ensemble de l’année. Emmanuel Moulin a d’ailleurs glissé, à propos de cette projection, « Espérons qu’ils aient raison ».
Résultat, on a deux lectures du même moment économique. L’une très prudente, l’autre moins sombre. La différence tient surtout aux hypothèses retenues, pas à une certitude sur ce qui va se passer.
Pourquoi la Banque de France avait tant coupé en juin
À la mi-juin, la Banque de France avait aussi détaillé plusieurs variantes autour de son scénario central. Il y en avait trois, un cas défavorable, un très défavorable, et un plus favorable, proche du scénario de base mais avec un rebond plus rapide en 2027 grâce à une baisse plus marquée des hydrocarbures.
Et c’est là que le détail sur le pétrole devient concret. Selon Emmanuel Moulin, les prévisions de juin, arrêtées avec des données de mai, reposaient sur un prix moyen annuel d’environ 90 euros (97 dollars). Or jeudi, le Brent de la mer du Nord pour août valait environ 68 euros (72,64 dollars), tandis que le West Texas Intermediate tombait à près de 65 euros (69,49 dollars).
Pour vous, ce que ça change est simple. Si cette baisse dure, elle soutient un peu mieux l’activité que ce qu’anticipait encore la Banque de France. Mais on n’est pas devant une reprise installée, juste devant un risque en moins.