Dan Mamane, Franco-Suisse, prend les rênes du Coq Sportif, Niel et Riner laissés de côté

Image d'illustration. Le Coq SportifADN
L’homme d’affaires franco-suisse Dan Mamane devient le nouveau propriétaire de la marque Le Coq Sportif, alors que les offres portées par Xavier Niel et Teddy Riner n’ont pas été retenues lors du processus de reprise.
Tl;dr
- Dan Mamane reprend Le Coq Sportif.
- L’offre du consortium de Xavier Niel rejetée.
- 201 emplois maintenus, jusqu’à 94 supprimés.
Une reprise actée sous tension judiciaire
L’avenir de Le Coq Sportif, marque emblématique de l’équipement sportif tricolore, vient de basculer. Au terme d’une procédure délicate, le tribunal des activités économiques de Paris a choisi d’accorder sa confiance à l’entrepreneur franco-suisse Dan Mamane, préférant son plan à celui défendu par un puissant consortium emmené notamment par Xavier Niel et le champion olympique Teddy Riner. Cette décision intervient moins d’un an après que la société ait été placée en redressement judiciaire, un choc pour ses quelque 359 salariés – dont une large majorité en France.
L’offre de Dan Mamane : investissements et restructuration
Concrètement, le projet retenu prévoit l’injection de près de 70 millions d’euros au niveau du groupe. L’objectif affiché ? Assurer la pérennité de l’entreprise, même si cela s’accompagne d’une « restructuration sociale » qui ne manque pas de susciter des inquiétudes. Le tribunal évoque ainsi le maintien de 201 postes, tandis que jusqu’à 94 suppressions sont envisagées (dont entre 81 et 86 contrats à durée indéterminée). À cela s’ajoute la création attendue de 14 nouveaux emplois.
Un consortium évincé qui dénonce une entrave procédurale
La bataille n’aura pas manqué de rebondissements. Face à l’offre Mamane, un consortium aux allures prestigieuses avait tenté sa chance : autour des figures telles que Xavier Niel, Teddy Riner, mais aussi la société d’investissement Neopar, le groupe américain Iconix – déjà détenteur des marques Lee Cooper ou Umbro –, sans oublier la famille fondatrice Camuset et l’actuel dirigeant d’Airesis, maison mère du Coq Sportif, Marc-Henri Beausire. Selon leurs avocats du cabinet August Debouzy, leur plan aurait été « délibérément entravé, affaibli, puis évincé de fait du processus d’examen », pointant « une obstruction méthodique des administrateurs judiciaires ». Ils avaient même réclamé la réouverture des débats devant le tribunal.
Voici les principales caractéristiques du plan qu’ils proposaient :
- 60 millions d’euros injectés immédiatement dans la société.
- Répartition du capital : Neopar (51 %), investisseurs privés (26,5 %), Iconix (22,5 %).
Pistes d’avenir et questionnements sociaux
Désormais tournée vers sa relance sous pavillon Mamane, la marque qui avait habillé les athlètes français lors des derniers Jeux olympiques se trouve à un tournant crucial. La réduction drastique des effectifs laisse toutefois planer un doute sur le climat social à venir. Difficile pour beaucoup d’employés – et pour les observateurs – de ne pas voir dans ce feuilleton judiciaire une page complexe qui s’ouvre pour cette entreprise centenaire.
