Déficit de la Sécu, retraites : ce que prépare vraiment le gouvernement

Façade de Bercy à Paris en journée
Image d'illustration. Le déficit pourrait dépasser 6,5 % du PIB. — ADN

Le gouvernement vise un déficit de la Sécurité sociale ramené à 12 ou 13 milliards d’euros en 2027. Les retraites sont au centre du tour de vis.

En bref

  • Objectif, déficit ramené à 12 ou 13 milliards
  • Retraites, 5,5 milliards d’économies visés
  • Petites pensions protégées jusqu’à 1.260 euros

Le vrai chiffre, ici, c’est 5,5 milliards d’euros. C’est le montant d’économies que le gouvernement veut aller chercher sur les retraites pour alléger le déficit de la Sécurité sociale dès 2027.

Selon Jean-Pierre Farandou, l’exécutif vise un trou ramené à 12 ou 13 milliards d’euros en 2027, contre 22 milliards en 2026. Dit autrement, près de la moitié du déficit actuel devrait disparaître en un an. Et le levier principal, ce ne sont ni les remboursements de soins ni les cotisations, mais bien la progression des pensions.

Les retraites deviennent la pièce maîtresse du plan

Le gouvernement part d’un constat simple. Sans mesure nouvelle, le coût des retraites augmenterait d’environ 13 milliards d’euros l’an prochain, a expliqué Jean-Pierre Farandou. Une moitié de cette hausse viendrait de la démographie, l’autre de l’indexation intégrale des pensions sur l’inflation.

Bon, cela ne veut pas dire que toutes les pensions seraient gelées. Le projet de financement de la Sécurité sociale garderait une revalorisation totale pour les pensions de base allant jusqu’à 1.260 euros, soit 85 % du smic.

Le seuil de 1.260 euros change la logique de revalorisation

Au-dessus de ce niveau, l’exécutif veut récupérer 4,1 milliards d’euros grâce à une sous-indexation ou une désindexation. Le taux n’est pas fixé à ce stade. Jean-Pierre Farandou a insisté sur le fait que le texte pourrait encore évoluer pendant le débat parlementaire, notamment sur le niveau exact de hausse retenu.

Il a aussi ouvert une piste plus lourde pour la suite, remplacer l’indexation automatique par une négociation annuelle avec les partenaires sociaux, sur un modèle proche de celui des salaires. Clairement, ce serait un changement de méthode, pas seulement un ajustement ponctuel.

L’avantage fiscal des retraités est aussi dans le viseur

L’autre brique du plan concerne l’impôt sur le revenu. Le gouvernement veut réduire le plafond de l’abattement de 10 % accordé aux retraités, qui passerait de 4.439 euros à 3.000 euros.

Cette mesure, intégrée au projet de loi de finances, rapporterait 1,4 milliard d’euros. Là encore, Jean-Pierre Farandou dit laisser la porte ouverte aux discussions, soit pour modifier les seuils, soit pour rééquilibrer l’effort entre cette mesure fiscale et la revalorisation des pensions.

Derrière le budget 2027, la piste d’un âge d’équilibre à 65 ans

Mais le sujet ne s’arrête pas au budget. Jean-Pierre Farandou remet sur la table l’idée d’un âge d’équilibre autour de 65 ans, avec décote avant cet âge et surcote après. D’après les premiers calculs évoqués, ce seuil devrait se situer à 65 ans au minimum pour équilibrer financièrement le régime.

L’âge légal, lui, resterait autour de 63 ans. Sauf dispositif particulier, partir avant l’âge d’équilibre réduirait donc le montant de la pension. Pour vous, l’enjeu est là: en 2027, le gouvernement cherche des économies rapides. Mais derrière ce tour de vis budgétaire, on voit déjà se dessiner une réforme plus large des règles de départ.

Germain Montor

Spécialiste de l'économie et de la vie pratique

Rédacteur web, je crée des contenus clairs et engageants.

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