Le gouvernement réfléchit à freiner l’indexation des pensions sur l’inflation en 2027. Avec un seuil à 3 000 €, 1,38 million de retraités seraient visés.
En bref
- Seuil envisagé à 3 000 €
- 1,38 million de retraités potentiellement touchés
- Objectif, économiser jusqu’à 6 milliards
Le seuil qui change tout
1,38 million. C’est le nombre de retraités qui seraient concernés si le gouvernement retenait une désindexation des pensions au-delà de 3 000 € bruts.
Ce chiffre vient de la Drees. Fin 2023, l’organisme comptait 17,3 millions de personnes percevant une pension de droit direct, et un peu plus de 8 % dépassaient ce niveau. On parle donc d’une mesure ciblée, pas d’un coup de rabot général. Mais ciblée ne veut pas dire marginale.
Le contraste est assez net. La pension moyenne s’élevait à 1 666 € bruts. Dans le détail, 28,3 % des retraités touchaient moins de 1 000 €, tandis que 63,7 % se situaient entre 1 000 et 3 000 €. Autrement dit, le seuil souvent évoqué placerait la très grande majorité hors du gel total, mais laisserait quand même plus d’un million de personnes dans le viseur.
Pourquoi Bercy regarde les pensions
Si cette idée revient, ce n’est pas un hasard. A Bercy, on estime que le coût des retraites augmenterait de 12 milliards d’euros en 2027. Deux raisons sont avancées, le vieillissement de la population et l’effet mécanique de l’indexation sur l’inflation.
Avec une inflation attendue autour de 2 %, la seule revalorisation des pensions représenterait 6 milliards d’euros si rien ne change. Pour un budget sous pression, le sujet est donc énorme. Roland Lescure, ministre de l’Économie, a d’ailleurs jugé auprès de Libération que la contribution des retraités aisés devait être posée dans le débat.
Bon, il ne s’agit pas à ce stade d’un texte voté. Mais le signal est clair, l’exécutif cherche des économies là où la dépense est dynamique.
Une piste très sensible politiquement
Le scénario étudié serait à plusieurs vitesses. Gel de l’indexation pour les pensions les plus élevées, revalorisation partielle pour les retraites intermédiaires, compensation complète de l’inflation pour les plus modestes. Le point vraiment décisif, c’est donc le seuil retenu.
Cette borne des 3 000 € avait déjà été évoquée au printemps par Serge Papin, ministre des PME. Mais entre une idée lancée et une mesure inscrite dans un budget, il y a un monde, surtout sur les retraites.
L’an dernier, le gouvernement de Sébastien Lecornu avait déjà tenté de geler les pensions dans le cadre du budget 2026, avant de reculer face au Parlement. Et ce n’était pas une première, Michel Barnier comme François Bayrou s’étaient eux aussi heurtés à de fortes résistances.
Ce que ça change pour vous, clairement, tient en une ligne. Si vous êtes retraité sous les 3 000 € bruts, l’hypothèse aujourd’hui discutée vise d’abord au-dessus. Si vous êtes au-dessus, ou proche de ce seuil, le budget 2027 pourrait devenir un vrai sujet de pouvoir d’achat.