Fitch laisse à la France sa note A+ avec perspective stable, tout en relevant ses prévisions de déficit. Un répit, pas un blanc-seing pour Bercy.
En bref
- Fitch Ratings maintient la note A+ de la France
- Le déficit attendu grimpe à 5,2% du PIB en 2026
- La politique française reste un point faible majeur
La France évite une mauvaise nouvelle de plus sur sa dette. Fitch Ratings a laissé vendredi la note souveraine du pays à A+, avec une perspective stable. Pour vous, le message est simple : les marchés n’ont pas reçu, à ce stade, le signal d’une dégradation immédiate de la signature française. Mais il ne faut pas lire ça comme un satisfecit.
Une note inchangée, mais un avertissement très net
Si Fitch Ratings ne coupe pas la note de la France, l’agence explique quand même que l’économie reste solide pour des raisons assez classiques : sa taille, son niveau de prospérité, la robustesse du secteur bancaire et une base d’investisseurs jugée diversifiée. En gros, le pays conserve des amortisseurs puissants.
Ce socle compte. Il permet à Fitch Ratings de considérer que l’économie française reste résiliente, même dans un contexte budgétaire plus tendu.
Les chiffres du déficit repartent dans le mauvais sens
Là, c’est plus embêtant. Fitch Ratings revoit sa prévision de déficit public pour 2026 à 5,2 % du PIB, contre 4,9 % attendu encore début mars. L’agence anticipe ensuite 5,5 % en 2027, puis 5,2 % en 2028.
Pourquoi ce trou se creuse-t-il davantage que prévu ? L’agence cite trois moteurs : une croissance plus faible, une facture d’intérêts plus lourde et des engagements supplémentaires sur la défense. Résultat ? Des comptes plus difficiles à redresser.
Le blocage politique pèse aussi sur la note française
Le sujet ne se limite pas aux chiffres. Fitch Ratings pointe aussi un endettement élevé, un potentiel de croissance jugé faible et un climat politique et social qui complique l’assainissement budgétaire.
Et il y a un angle très concret : l’absence de majorité au Parlement. Pour l’agence, la fragmentation politique persistante est une faiblesse majeure pour la note, parce qu’elle réduit la capacité des autorités à mener un ajustement budgétaire durable et rend les politiques publiques moins prévisibles. Quand on parle de dette, cette prévisibilité compte quand même beaucoup.
Pourquoi cette décision compte à quelques semaines du budget
Le calendrier n’a rien d’anodin. Cette décision tombe juste avant la présentation du dernier budget du gouvernement avant l’élection présidentielle, alors que dette et déficit occupent déjà une place centrale dans le débat économique.
Fitch Ratings ajoute que la croissance à court terme devrait rester modeste. Du côté de Bercy, Roland Lescure dit prendre acte de cette décision et assure que le gouvernement reste mobilisé pour contenir déficit et dette, afin de préserver dans la durée la stabilité financière, la compétitivité et la croissance. Pour le lecteur, l’implication est assez claire : la note tient, mais la pression sur le prochain budget ne baisse pas.