La France paie désormais ses emprunts d’État avec les mêmes intérêts que l’Italie

Image d'illustration. Pile d'argentADN
La France doit désormais offrir aux investisseurs les mêmes taux d’intérêt que l’Italie pour financer sa dette sur les marchés, un changement notable qui traduit l’évolution des perceptions du risque attaché aux deux économies européennes.
Tl;dr
- La France emprunte au même taux que l’Italie.
- L’instabilité politique alimente la défiance des marchés.
- La note de la France pourrait être abaissée vendredi.
La dette française rattrape l’Italie : un signal d’alerte
Si l’on avait prédit, il y a quelques années, que la France se retrouverait à emprunter au même prix que l’Italie, beaucoup auraient haussé les sourcils. Or, depuis ce mardi matin, c’est une réalité : le rendement de l’emprunt français à dix ans a atteint 3,48 %, dépassant à peine celui de son voisin transalpin (3,47 %). Une première depuis plus de quinze ans. Cette situation intervient alors que le gouvernement Bayrou vient de tomber et que les investisseurs attendent fébrilement la prochaine évaluation de la France par Fitch Ratings, prévue vendredi.
Instabilité politique et défiance accrue des marchés
L’effet domino du vote de confiance manqué par François Bayrou, combiné à l’annonce choc du président Emmanuel Macron sur des élections anticipées en juin/juillet dernier, a clairement pesé sur la confiance des investisseurs. « L’instabilité provoquée par Macron », glisse Paul Jackson d’Invesco, n’a fait qu’élargir l’écart avec les obligations allemandes : celui-ci est passé de 50 à plus de 80 points de base depuis fin août. Le spectre d’une nomination incertaine à Matignon et les tensions persistantes au sommet contribuent à accentuer la volatilité. Les marchés financiers, peu friands d’incertitudes politiques, ont réagi promptement.
L’ombre portée de la notation Fitch Ratings
Outre cette ambiance tendue, tous les regards se tournent désormais vers l’agence Fitch Ratings. Après avoir placé la France sous perspective négative, elle pourrait abaisser sa note dès vendredi. Selon John Plassard (Cité Gestion Private Bank) : « La France vient de basculer dans une nouvelle zone de turbulences ». Le CAC 40 semble résister pour l’instant (+0,46 % ce matin), mais cette apparente stabilité masque mal le malaise ambiant.
Dynamique budgétaire : la France distancée par l’Italie ?
Paradoxalement, pendant que la situation budgétaire française se détériore, le gouvernement Meloni en Italie s’efforce de rassurer les marchés avec un objectif clair : ramener le déficit public à 2,8 % d’ici à 2026. Comme le souligne Alexandre Baradez (IG France), plus une dette publique est jugée risquée, plus son coût grimpe. Voici ce qui explique en partie pourquoi la France perd aujourd’hui ce qui faisait jusque-là sa force comparative.
Pour résumer ces évolutions récentes :
- Détérioration budgétaire française
- Tensions politiques accrues
- Sursaut des taux d’emprunt et incertitude sur la note souveraine
Entre instabilité politique et pression des agences de notation, jamais depuis longtemps la crédibilité financière de la France n’avait été autant questionnée sur les marchés internationaux.
