Deux grands patrons qualifient l’investissement en France d’« enfer »

Image d'illustration. Panneaux solaires energie durableADN
Ces deux grands patrons décrivent le processus d'investissement en France comme un véritable enfer : découvrez pourquoi ils sont si frustrés.
Tl;dr
- Les patrons de TotalEnergies et d’EDF appellent à simplifier les procédures administratives pour le développement des énergies renouvelables en France.
- Ils critiquent le faible rendement de leurs investissements en France et menacent de se tourner vers d’autres pays plus accueillants.
- Le PDG d’EDF, Luc Rémont, dénonce l’enfer d’investir en France pour des raisons réglementaires.
Les défis du développement des énergies renouvelables
Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, et Luc Rémont, PDG d’EDF, ont exprimé leur mécontentement lors d’un colloque ce mardi. Ils ont souligné la nécessité d’accélérer et de simplifier les procédures administratives pour le développement des énergies renouvelables en France. Pouyanné a déclaré : « Il faut qu’on simplifie le processus. Je suis désolé mais quand je regarde (en France), j’ai 500 développeurs d’énergies renouvelables (des personnels, NDLR) qui arrivent à faire péniblement 300 à 400 mégawatts (MW) par an (…) Ce n’est pas possible de continuer comme ça, je vous le dis. Moi, aux Etats-Unis, j’ai construit 2 GW en un an ».
Le risque d’une fuite des investissements
Face à la lenteur des procédures, Pouyanné s’est dit prêt à « faire des arbitrages vers des pays qui sont plus accueillants », comme l’Allemagne. Le PDG de TotalEnergies a critiqué le faible rendement de ses investissements en France : « Je ne peux pas continuer à investir dans un pays (la France), à avoir autant de personnes qui me coûtent de l’argent pour un rendement aussi faible. Et ça, c’est un problème d’espace, c’est un problème de réglementation, c’est un problème de volonté collective ».
Le point de vue d’EDF
Luc Rémont, PDG d’EDF, a approuvé ces critiques. Il a déclaré que « c’est l’enfer d’investir en France pour des raisons réglementaires et ce n’est pas juste l’enfer pour faire du renouvelable, c’est l’enfer pour un industriel qui veut se raccorder, pour raccorder un data-center (centre de données, ndlr) au réseau électrique, c’est des délais administratifs qui sont juste incommensurables avec ce qu’on vit ailleurs dans le monde. Le premier frein à la décarbonation aujourd’hui, ce sont les procédures ».
L’avis de la rédaction
Les déclarations de ces deux patrons d’entreprises majeures de l’énergie en France soulignent un défi de taille pour notre pays. Si nous voulons atteindre nos objectifs de transition énergétique, il nous faut impérativement revoir notre approche réglementaire pour faciliter et encourager les investissements dans les énergies renouvelables. C’est une question non seulement économique, mais aussi écologique et stratégique pour l’avenir de la France.
