L’Union européenne veut presque doubler la place de l’électricité dans l’énergie consommée d’ici 2040. L’objectif reste politique, pas obligatoire.
En bref
- Objectif européen de 46 % d’électricité en 2040
- L’Europe reste bloquée autour de 23 %
- La mesure n’est pas juridiquement obligatoire
Aujourd’hui, l’Union européenne tourne autour de 23 % d’électricité dans sa consommation finale d’énergie. Le nouveau cap affiché pour 2040, c’est 46 %. Autrement dit, presque le double.
Un cap à 46 %, mais sans obligation
L’Union européenne a dévoilé vendredi cet objectif de hausse massive de la place de l’électricité dans l’énergie consommée. L’idée est simple sur le papier: électrifier davantage pour avancer sur le climat. Mais le détail compte, et il compte même beaucoup. Ce cap de 46 % est non contraignant.
Résultat?
On est face à un signal politique plus qu’à une règle. Les Vingt-sept affichent une direction commune, sans s’imposer d’obligation juridique pour y arriver. Ce n’est pas un détail technique: pour les ménages, les entreprises et les secteurs déjà sous tension sur les prix de l’énergie, la différence entre un objectif et une contrainte change tout.
Pourquoi l’Europe n’avance pas plus vite
Si la part de l’électricité stagne depuis plusieurs années, ce n’est pas par hasard. D’abord, parce qu’elle coûte nettement plus cher que le gaz. Ensuite, parce que l’Europe peine encore à sortir des énergies fossiles là où elles restent très présentes, surtout dans le chauffage des bâtiments et les transports.
Bon, l’ambition climatique existe. Mais le passage à l’acte se heurte à des arbitrages très concrets de coût, d’équipement et d’infrastructures. Tant que l’électricité restera moins compétitive que le gaz dans certains usages, l’électrification de masse avancera lentement.
Souveraineté, carbone, rôle français: le vrai terrain de jeu
Ce débat ne concerne pas seulement les émissions. Il touche aussi à la souveraineté énergétique. Les tensions liées à la guerre au Moyen-Orient et à la guerre en Ukraine ont rappelé les limites d’une dépendance durable au gaz et aux autres énergies fossiles.
Dans ce contexte, Bruxelles pousse l’électrification, mais avance avec prudence sur un autre dossier sensible, l’extension de son marché du carbone à de nouveaux secteurs. Là aussi, on sent une ligne politique assez prudente.
Et la France pourrait peser. Pour Phuc-Vinh Nguyen, expert de l’énergie à l’Institut Jacques-Delors, le pays sera « un État pivot dans les négociations ». La raison tient à son électricité nucléaire décarbonée, un atout susceptible de compter auprès des investisseurs.
Pour vous, l’enjeu est assez clair. Si l’Union européenne veut vraiment rapprocher l’objectif de la réalité, il faudra rendre l’électricité plus attractive que le gaz dans la vie quotidienne, pas seulement dans les discours.