Face à la canicule, l’engouement des Français pour les piscines ne faiblit pas, sécheresse ou non

Image d'illustration. Taxes sur les piscinesADN
Malgré la multiplication des épisodes de sécheresse et les restrictions d’eau, la demande pour les piscines privées ne faiblit pas en France. Les ventes continuent de progresser, témoignant d’un engouement persistant chez les particuliers.
Tl;dr
- La France détient le plus grand parc de piscines privées.
- La sécheresse complique l’usage et le remplissage des bassins.
- Les Français adoptent des gestes pour économiser l’eau.
Une passion française sous pression
Au fil des années, le nombre de piscines privées n’a cessé d’augmenter en France, atteignant aujourd’hui près de 3,7 millions de foyers équipés. Ce phénomène, soutenu par la recherche d’un meilleur confort face à des canicules devenues plus fréquentes et précoces, place l’Hexagone en tête du classement européen. Selon une étude récente de la Fédération des professionnels de la piscine et du spa (FPP), pas moins de 90 600 nouveaux bassins à usage familial devraient voir le jour en 2025.
Sécheresse : entre plaisir et restrictions
Or, cette passion pour les bassins domestiques se heurte à une réalité climatique préoccupante. Alors que les températures s’envolent — parfois jusqu’à des niveaux records comme les 37,8°C relevés en Charente au mois de mai selon Météo-France — les arrêtés préfectoraux se multiplient pour restreindre le remplissage des piscines. Les propriétaires, tels que Philippe Laverne installé près de Bordeaux, constatent que ces interdictions sont devenues monnaie courante dans les départements touchés par la canicule. Un paradoxe difficile à vivre lorsque l’on cherche un peu de fraîcheur.
S’adapter : la clé face aux défis hydriques
Face à ce contexte, beaucoup redoublent d’efforts pour préserver chaque goutte d’eau. Des gestes simples peuvent avoir un impact non négligeable :
- Ne jamais vider complètement son bassin
- Couvrir la piscine pour limiter l’évaporation (jusqu’à 90 % d’économies possibles)
- Réutiliser l’eau de pluie pour d’autres usages domestiques ou extérieurs
Certaines familles choisissent même des bassins moins profonds, tandis que d’autres récupèrent activement les précipitations. C’est notamment le cas de Marie-Agnès Samson dans la Manche qui stocke jusqu’à « 6 000 litres » d’eau pluviale afin d’arroser son jardin.
L’économie de l’eau : une préoccupation nationale croissante
Au-delà des piscines, la gestion durable de la ressource est devenue un enjeu collectif : depuis une vingtaine d’années, la quantité renouvelable a chuté de 14 %, selon le Service des données et études statistiques (SDES). La directrice du Cieau, Nathalie Davoisne, rappelle qu’il s’agit « d’inscrire chaque usage dans son contexte local », loin de toute stigmatisation. D’ailleurs, près de 86 % des Français disent surveiller leur consommation ; ils restent conscients que « les fuites domestiques peuvent représenter jusqu’à 20 % du volume utilisé », selon une récente étude.
Si la piscine reste synonyme de bien-être en période estivale extrême, sa gestion responsable s’impose désormais comme un nouveau défi pour les propriétaires… et sans doute pour toute la société française.
