Fonction publique, ces primes dans le viseur qui pèsent 19 milliards

Argent richesse
Image d'illustration. Argent richesse — ADN

Les primes des agents de l’État atteignent désormais un quart de la rémunération. Un rapport officiel pousse à en supprimer ou fusionner une partie.

En bref

  • Les primes pèsent 19 milliards d’euros
  • Elles représentent désormais un quart du salaire
  • Plusieurs dispositifs pourraient disparaître

19 milliards d’euros. C’est la somme versée en 2025 par l’État au titre des primes et indemnités de ses agents titulaires, sur un total de 76 milliards d’euros bruts de rémunération. Vu comme ça, on n’est plus dans un simple accessoire de paie.

Un quart du salaire, ce n’est plus un détail

D’après le rapport publié le 24 juillet par l’Inspection générale des finances et l’Inspection générale de l’administration, ces compléments représentent aujourd’hui entre 15 % et 40 % du salaire selon les agents. En moyenne, leur poids est passé de 20 % à 25 % entre 2015 et 2025. Autrement dit, un euro sur quatre versé par l’État à ses fonctionnaires titulaires relève désormais des primes.

Ce glissement compte pour les finances publiques, mais aussi pour la lisibilité de la rémunération. Quand la part variable grossit, chaque dispositif devient plus sensible, y compris pour l’administration qui doit le gérer.

Moins de dispositifs, mais un système encore jugé trop compliqué

Le nombre de primes a bien reculé. On est passé de 628 à 543 en dix ans, notamment avec la mise en place d’un système harmonisé. Mais pour les deux inspections, le tri n’est pas allé assez loin.

Leur idée tient en deux mots, qu’elles utilisent noir sur blanc, « rationaliser » et « homogénéiser ». Bref, simplifier un ensemble encore jugé trop touffu, avec des règles nombreuses et parfois coûteuses à administrer au regard de ce qu’elles rapportent vraiment.

Les petites primes dans la ligne de mire

Ce qui est visé d’abord, ce sont les primes dont le coût de gestion paraît disproportionné. En 2025, 22 primes versaient en moyenne moins de 100 euros par an et par agent. Et 185 primes concernaient moins de 100 agents.

Les inspections recommandent donc de lancer un travail de suppression ou de fusion sur ces dispositifs. Elles proposent aussi un examen de plus long terme sur les primes les plus anciennes. Et une règle assez simple, quand même, pour éviter de recréer du stock, faire disparaître ou fusionner une vieille prime chaque fois qu’une nouvelle est créée.

Quatre dispositifs explicitement pointés

Le rapport cite quatre cas précis. L’indemnité de résidence à l’étranger, d’abord, parce qu’elle affiche le montant moyen par agent le plus élevé de toutes et qu’elle gagnerait à être mieux adaptée selon les pays.

Sont aussi visés le forfait mobilités durables, que les inspections jugent pas forcément efficace, ainsi que le forfait télétravail, qui pourrait être supprimé. Enfin, l’indemnité compensatrice de la hausse de la CSG ne serait plus versée aux nouveaux agents.

Pour les fonctionnaires, cela ne change rien dans l’immédiat. Mais le signal est clair, l’État veut moins de primes, des règles plus simples, et surtout des compléments de salaire dont l’utilité soit plus facile à démontrer.

Germain Montor

Spécialiste de l'économie et de la vie pratique

Rédacteur web, je crée des contenus clairs et engageants.

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