La France indifférente à la note de Fitch ?

Image d'illustration. Economie franceADN
Vous en avez assez des évaluations des agences de notation ? Découvrez pourquoi, pour une fois, la France pourrait bien se soucier comme d'une guigne de la note de Fitch !
Tl;dr
- L’agence de notation Fitch rendra sa note pour la France.
- Les agences de notation prennent en compte le contexte guerrier actuel.
- Les notes n’ont jamais empêché la France de dépasser les limites de déficit.
La France attend la note de Fitch dans l’indifférence
Dans une indifférence quasi totale, la France attend ce vendredi l’annonce de sa note par l’agence de notation Fitch. Autrefois, cette évaluation économique était l’objet de craintes et d’inquiétudes au sein du ministère de l’Économie. Aujourd’hui, même une baisse de la note serait accueillie avec désintérêt.
Un contexte guerrier qui change la donne
Les temps ont changé. Les agences de notation, dont Fitch, doivent prendre en compte un « contexte guerrier », selon Anne-Sophie Alsif, cheffe économique du Bureau d’informations et de prévisions économiques (BIPE). Ces agences ont tout intérêt à se montrer clémentes dans ce climat de tensions, explique Stéphanie Villers, conseillère économique PwC. Les marchés financiers seraient d’ailleurs très accueillants envers les nouvelles dépenses budgétaires liées à ce contexte.
L’ancienneté de la note en question
La note qui sera dévoilée vendredi est le fruit d’un travail de plusieurs mois. Elle a donc été préparée avant les derniers événements, ce qui pourrait la rendre anachronique. Cependant, selon Alsif, l’évaluation globale compte plus que la note même.
Des changements majeurs à anticiper
Le réarmement de l’Europe oblige à revoir une philosophie économique autrefois indiscutable. Le déficit de 3% à ne pas dépasser, une règle en vigueur depuis le traité de Maastricht en 1992, a même obtenu une exception pour les dépenses militaires supplémentaires. De plus, l’Allemagne, fer de lance de la rigueur budgétaire, envisage un plan national d’investissement de 500 milliards d’euros pour moderniser son armée.
La Commission européenne, quant à elle, a présenté un plan de relance de l’industrie communautaire de la défense de près de 800 milliards d’euros. Ces changements majeurs sont « bien plus à même de toucher la France que l’agence de notation », selon Christophe Blot, économiste à l’OFCE et spécialiste des crises financières.
La France semble plus préoccupée par les déclarations de Donald Trump, Vladimir Poutine et autres Elon Musk que par sa note économique. Fitch, sans rancune.
