Le gouverneur de la Banque de France exprime des réserves sur le budget 2026

Image d'illustration. Budget de l'EtatADN
Le gouverneur de la Banque de France a exprimé des réserves concernant le projet de budget pour 2026, estimant qu’il n’apporte pas toutes les garanties nécessaires en matière de sérieux budgétaire et de maîtrise des finances publiques.
Tl;dr
- Déficit public français jugé trop élevé par la Banque de France.
- L’Europe doit s’affirmer face aux États-Unis et à la Chine.
- L’accord Mercosur pourrait profiter à l’industrie française.
Déficit public : un cap jugé encore insuffisant
Si le projet de budget 2026 vise à ramener le déficit public sous la barre des 5 % du PIB, François Villeroy de Galhau reste dubitatif. Le gouverneur de la Banque de France, interrogé par Ouest-France, n’a pas caché sa réserve : pour lui, cette trajectoire reste « insuffisante ». Après une année 2023 marquée par un déficit de 5,4 %, il juge essentiel que la France respecte enfin ce seuil – et va même plus loin en affirmant qu’une réduction « plus forte » aurait dû être entreprise. Cette insistance illustre l’inquiétude persistante autour de la soutenabilité budgétaire nationale.
L’Europe, entre réveil nécessaire et enjeux internationaux
La semaine écoulée aura vu les projecteurs braqués sur les intentions protectionnistes outre-Atlantique, notamment après que Donald Trump a revu ses menaces de nouveaux droits de douane envers plusieurs pays, dont la France. Pour Villeroy de Galhau, le retrait momentané de telles mesures est certes « tant mieux quand certaines menaces inacceptables sont retirées », mais l’essentiel est ailleurs. Il estime que l’Europe, désormais prise en étau entre les puissances américaine et chinoise, doit « prendre davantage en main son destin économique », ne plus se contenter d’observer ou commenter les initiatives américaines. L’appel du gouverneur est sans détour : il faut « agir plus vite, plus fort, muscler l’Europe et mobiliser nos atouts ».
L’accord Mercosur sous tension, mais défendu par Villeroy de Galhau
Alors que le traité commercial avec le Mercosur cristallise des tensions à Bruxelles, le débat s’invite jusque dans les filières agricoles françaises. Certes, reconnaît le gouverneur, une « crise existe dans certains secteurs agricoles ». Mais il tempère immédiatement : selon lui, imputer cette crise au traité serait erroné. À ses yeux, non seulement l’accord n’est pas responsable des difficultés actuelles mais il pourrait même ouvrir des perspectives pour l’industrie française, sans négliger des pans agricoles comme les produits laitiers. Pour faire face aux pressions internationales croissantes, il plaide donc pour la conclusion d’alliances commerciales.
Soutenir l’investissement des ménages français dans l’économie réelle
Dernier point soulevé lors cet entretien : la question cruciale de l’épargne hexagonale. Face au niveau record – près d’un cinquième du revenu disponible –, Villeroy de Galhau prône un élargissement du choix offert aux Français. Il encourage particulièrement les solutions suivantes :
- Plans épargne retraite
- Achat d’actions orientées vers les fonds propres des entreprises
- Diversification au-delà du livret A ou de l’assurance-vie euro classique.
À long terme, souligne-t-il avec insistance, ces supports pourraient offrir davantage que les traditionnels produits d’épargne sécurisés. Une manière aussi d’alimenter en capitaux le tissu entrepreneurial national et européen.
