Le financement du permis via le CPF bientôt restreint, sauf pour certaines catégories de candidats

Image d'illustration. Permis de conduireADN
Le financement du permis de conduire via le Compte personnel de formation va être considérablement restreint. Seules certaines catégories de bénéficiaires pourront encore profiter de cette possibilité, tandis que la majorité devra désormais trouver d’autres solutions.
Tl;dr
- Fin du financement du permis B via le CPF.
- Seuls les demandeurs d’emploi restent éligibles.
- Suppression de l’aide de 500 € pour les apprentis.
Un changement majeur dans le financement du permis B
Ce vendredi 23 janvier 2026, alors que la tension montait à l’Assemblée nationale, le ministre Sébastien Lecornu a finalement déclenché le 49.3 pour faire adopter le budget. L’une des mesures phares de ce volet dépenses concerne la suppression du financement du permis de conduire B via le compte personnel de formation (CPF). Jusqu’alors, cette possibilité offrait une bouffée d’oxygène à de nombreux actifs. Désormais, la règle change et seuls les demandeurs d’emploi, une catégorie bien précise, conserveront ce droit.
L’impact sur les actifs et apprentis
Derrière cette décision, une réalité s’impose : près d’un quart des candidats au permis B, soit environ 1,5 million de personnes en 2024 selon le ministère de l’Intérieur, finançaient leur formation avec leur CPF. En outre, il faut noter que « plus de 75 % ont plus de 25 ans et sont déjà insérés dans la vie active », alors que moins d’un tiers étaient en situation de chômage. Le gouvernement a également décidé la suppression pure et simple de l’aide de 500 euros pour les apprentis. Pour nombre d’acteurs du secteur – auto-écoles et associations en tête – la mesure passe mal.
Une contestation marquée chez les professionnels
Les réactions n’ont pas tardé. Les organisations telles que l’association 40 millions d’automobilistes ou encore la Fédération des auto-écoles nouvelle génération dénoncent une « fracture sociale ». Selon elles, cette décision pénalise directement « la France qui travaille, cotise, mais dépend de la voiture faute de transports collectifs… Ouvriers, aides à domicile, intérimaires ou salariés des zones rurales se verraient privés d’un droit pourtant financé collectivement. » Pour ces publics déjà fragilisés par les inégalités territoriales, le coût moyen du permis – entre 1 500 et 2 000 euros – risque fort de devenir un obstacle insurmontable.
Derrière la mesure, un objectif affiché : réorienter l’utilisation du CPF
Du côté du Sénat comme du gouvernement, on assure que cet amendement ne répond pas à une logique d’économies budgétaires pures. Le sénateur Renaissance Xavier Iacovelli, promoteur du texte lors des débats au Palais du Luxembourg en décembre dernier, insiste : « L’objet est de privilégier le bilan de compétences comme action éligible au CPF et d’en compenser financièrement le coût : c’est primordial pour faciliter les reconversions professionnelles. » De fait, malgré l’ouverture du dispositif au financement du permis depuis 2019 – formation devenue depuis la plus populaire auprès des bénéficiaires –, le nombre total annuel de permis délivrés demeure stable autour d’un million. Cette évolution représente surtout un glissement financier : selon ses défenseurs, « Cela a substitué un financement mutualisé à une dépense auparavant supportée par les ménages », soit près de 300 millions d’euros mobilisés chaque année.
Pour résumer, la réforme redéfinit radicalement les règles du jeu pour accéder au permis via le CPF et laisse poindre un malaise social face à ce recul ciblé des droits individuels.
