Le « trimestre anti-inflation » critiqué par des associations de consommateurs
La mesure du gouvernement n'a pas les faveurs de trois grandes associations qui recommandent au gouvernement
Pour trois des plus importantes associations de consommateurs, à savoir l’UFC-Que Choisir, Familles Rurales et Consommation Logement Cadre de Vie (CLCV), l’opération commerciale « trimestre anti-inflation » n’aboutira « en aucun cas » aux prix « les plus compétitifs possibles ».
L’opération doit débuter le 15 mars pour se terminer le 15 juin, et elle consiste à laisser les enseignes de la grande distribution choisir librement une sélection de produits sur lesquels elles s’engagent à proposer « le prix le plus bas possible » en rognant sur leurs marges.
Une lettre à Élisabeth Borne
L’AFP a pu prendre connaissance d’un courrier adressé au gouvernement, et signé par ces trois associations.
Sur le fait de rogner sur les marges, aucune loi ne l’encadre, leur faisant dire que l’exécutif « se contente aujourd’hui de s’en remettre à la bonne volonté de la grande distribution pour qu’elle limite ses marges (ou prétende le faire à travers des opérations purement marketing) ».
Suspendre l’encadrement du « seuil de revente à perte »
Elles suggèrent la suspension d’une disposition légale qui contraint les supermarchés à garder une marge de 10% sur les produits alimentaires.
Il s’agit du SRP+10, datant de 2019 et qui avait été adopté dans le cadre de la loi Egalim 1, en vue de protéger le revenu des agriculteurs. Ce seuil contraint les supermarchés à vendre les produits alimentaires au moins 10% plus cher que le prix d’achat.
« Une grande opération publicitaire »
Seulement, d’après des travaux d’évaluation parlementaires, la mesure SRP+10 « ne semble avoir que très partiellement atteint son objectif » d’accroître la rémunération des producteurs agricoles.
Une mesure estimée par la commission des Affaires économiques du Sénat à 600 millions d’euros pour les consommateurs. Entrée en vigueur à titre « expérimental » jusqu’au 15 avril 2023, elle devrait être reconduite si la proposition de loi du député Renaissance Frédéric Descrozaille est votée en première lecture à l’Assemblée nationale et au Sénat.
