Les Etats-Unis abandonnent le ton conciliant et menacent l’Iran d’un isolement économique massif, sur fond de blocage du détroit d’Ormuz.
En bref
- Washington menace d’asphyxier l’économie iranienne
- Ormuz reste bloqué, enjeu majeur pour le pétrole
- Le marché perd l’hypothèse d’un accord rapide
Un cinquième du pétrole mondial passait par Ormuz avant la guerre. Quand ce couloir se bloque, ce n’est pas un sujet lointain, c’est un risque direct pour les prix de l’énergie, le transport et, derrière, l’inflation.
Le point chaud, c’est toujours Ormuz
Dans les faits, le détroit est verrouillé par l’Iran depuis le début du conflit, pendant que les Etats-Unis maintiennent un blocus sur les ports iraniens. Téhéran exige déjà des autorisations aux navires et veut, à terme, leur imposer des frais de service. Washington, lui, refuse.
Le nœud est là. Et il s’est encore resserré jeudi soir, quand les Emirats arabes unis ont accusé les Gardiens de la révolution d’avoir attaqué deux navires liés à ADNOC, la compagnie pétrolière publique émiratie, alors qu’ils franchissaient Ormuz. Abou Dhabi a parlé d’actes de piraterie et d’une menace directe pour la sécurité énergétique mondiale.
Washington enterre l’idée d’un accord rapide
Il y a quelques jours encore, le discours était tout autre. Le 4 août, Scott Bessent, secrétaire au Trésor, jugeait possible un accord avec Téhéran presque immédiatement. Le même jour, Donald Trump assurait que les discussions étaient bonnes et que l’Iran voulait conclure. Résultat ? Wall Street avait monté, et les cours du pétrole avaient reculé.
Jeudi, changement complet. Sur Newsmax, Scott Bessent a promis un isolement économique sans précédent, combiné au maintien du blocus dans Ormuz, avec d’autres annonces la semaine prochaine. Le virage est net, et il enterre l’idée d’une réouverture rapide de cette voie maritime.
Une stratégie d’asphyxie économique assumée
La ligne américaine repose désormais sur deux outils, pression financière et blocage physique. JD Vance, sur Fox News, a fixé les priorités dans cet ordre, garder un pétrole et une essence bon marché pour les Américains, puis empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire.
De son côté, Scott Bessent a assumé une logique de coercition en citant Cuba et le Venezuela. Le message, en gros, est simple, la Maison-Blanche parie davantage sur l’étranglement économique que sur une négociation immédiate.
Sur le terrain, chacun campe sur sa version
La guerre, lancée fin février par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran, approche de son sixième mois. Le protocole d’accord signé en juin a volé en éclats début juillet. Puis Donald Trump a suspendu les frappes à la fin du mois, en liant cette pause à un accord rapide incluant la réouverture complète de Ormuz et la fin de la menace nucléaire iranienne.
Mais Téhéran ne cède pas sur le récit. Ebrahim Zolfaghari, porte-parole du commandement central Khatam al-Anbiya, a affirmé que le détroit restait sous le contrôle total de la République islamique. Et Abbas Araghchi, chef de la diplomatie iranienne, a accusé les Etats-Unis de mauvais calculs liés au renseignement.
Pour vous, ce que ça change est assez clair, la perspective d’un apaisement s’éloigne, et avec elle celle d’un marché pétrolier plus serein.