Premier réacteur nucléaire EPR2 : mise en service repoussée de trois ans

Image d'illustration. Centrale nucleaire energieADN
La première mise en service du nouveau réacteur nucléaire EPR2 connaît déjà des retards, avec une mise en service désormais prévue avec trois ans de retard sur le planning initial.
Tl;dr
- L’Élysée prévoit le premier réacteur EPR2 pour 2038, non 2035.
- Le financement se fera via un « prêt de l’État bonifié ».
- Le coût du programme est estimé « en dessous de 100 milliards d’euros ».
Un changement de cap pour le nucléaire français
L’Élysée a annoncé le report de trois ans du premier des six futurs réacteurs EPR2. Initialement prévu pour 2035, le réacteur devrait désormais commencer à fonctionner en 2038. Cette décision fait suite à la quatrième réunion du conseil de politique nucléaire depuis le discours du président Emmanuel Macron à Belfort en février 2022, qui avait acté la relance d’un programme nucléaire.
Un programme ambitieux
Le président avait alors annoncé la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires avec une option pour huit autres. Une annonce majeure pour l’avenir de l’énergie en France. Cependant, un audit gouvernemental de février 2022 avait déjà suggéré que les premières mises en service pourraient être repoussées à 2037.
Un financement soutenu par l’État
Le financement de ce programme EPR2 sera basé sur un « prêt de l’État bonifié » qui couvrira au moins la moitié des coûts de construction. L’Élysée donne comme exemple le financement de la centrale tchèque de Dukovany, principalement assuré par un prêt de l’État à taux zéro. Le modèle de financement inclura un contrat sur la production nucléaire à un prix garanti par l’État de 100 euros maximum du mégawattheure (MWh) en euros de 2024.
Un coût colossal mais contenu
Le coût du programme, initialement estimé à 51,7 milliards d’euros en 2022, est désormais évalué à 67,4 milliards aux conditions de 2023, selon la Cour des comptes. Cependant, le ministre chargé de l’Énergie, Marc Ferracci, a évoqué un coût « en dessous de 100 milliards d’euros », tenant compte notamment de l’inflation. L’évaluation complète des coûts et du calendrier de la construction des six futurs réacteurs nucléaires EPR2 prendra encore « plusieurs mois », a indiqué EDF.
