À partir du 1er janvier 2027, cumuler pension et salaire sera bien plus encadré. L’âge au moment du départ pèsera désormais lourd sur vos revenus.
En bref
- Le cumul sera durci dès janvier 2027
- 67 ans devient l’âge clé
- Partir avant 2027 peut changer la donne
À partir du 1ᵉʳ janvier 2027, le seuil qui comptera vraiment sera simple à retenir, 67 ans. En dessous, cumuler une pension et un revenu d’activité deviendra bien plus compliqué. Et pour beaucoup de futurs retraités, ce n’est pas un détail.
Le vrai tournant, ce sera 67 ans
Avec les nouvelles règles issues de la loi de financement de la Sécurité sociale, le cumul emploi-retraite sans plafond ne survivra que dans un cas. Il faudra avoir liquidé sa retraite à partir de 67 ans. Là, le retraité pourra continuer à toucher l’intégralité de ses pensions et de ses nouveaux revenus, sans limite, et les cotisations continueront d’ouvrir des droits à une seconde pension.
Bon, c’est ce point qui change la logique du système. Jusqu’ici, l’âge n’avait pas ce poids-là dans l’accès au cumul intégral.
Jusqu’à fin 2026, un cadre encore nettement plus souple
D’ici au 31 décembre 2026, les règles actuelles restent en place. Le dispositif le plus favorable permet de percevoir 100 % de ses retraites de base et complémentaires, sans plafond de revenus, à condition d’avoir liquidé toutes ses pensions, atteint l’âge légal et validé les trimestres nécessaires au taux plein.
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, les cotisations versées dans ce cadre peuvent même créer des droits supplémentaires, avec une seconde pension plafonnée, mais réelle.
Pour ceux qui ne remplissent pas ces conditions, le cumul existe encore, mais sous version limitée. Le total pension plus salaire ne doit pas dépasser soit 1,6 Smic, soit la moyenne des trois derniers salaires. Si ce plafond est franchi, la pension baisse. Et là, aucune seconde retraite ne se constitue.
Entre l’âge légal et 67 ans, la réforme serre la vis
C’est probablement le bloc le plus sensible. Pour les personnes qui liquideront leur retraite entre l’âge légal et 67 ans, les nouveaux revenus seraient plafonnés à 7 000 euros bruts par an. Au-delà, la pension serait réduite de 50 % du dépassement.
Exemple concret, parce que c’est parlant. Avec 10 000 euros de revenus annuels, la baisse de pension atteindrait 1 500 euros par an. Et ces cotisations ne donneraient plus droit à une seconde pension.
Avant l’âge légal, la reprise d’activité pourra coûter très cher
Pour ceux qui reprennent une activité avant même l’âge légal, la règle devient plus dure encore. La pension serait diminuée du montant du nouveau revenu. Jusqu’à une suspension totale si ce revenu est suffisamment élevé.
Résultat ? Le système à venir fonctionne clairement en trois vitesses, selon l’âge au moment du départ.
Pourquoi ce calendrier compte déjà pour beaucoup d’actifs
Selon une étude 2023 de la Drees, 606 000 retraités déclaraient travailler en France. La réforme ne concernera donc pas une poignée de cas isolés. Même les départs en carrière longue après le 1ᵉʳ janvier 2027 basculeront dans ces règles fondées sur l’âge.
Concrètement, si vous envisagez de continuer à travailler une fois retraité, la date de liquidation de votre pension pèsera davantage qu’aujourd’hui. Partir en 2026 ou après 2027 ne produira pas du tout le même cadre, ni le même potentiel de revenus.