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Attentats: pour Manuel Valls, « il faut reconstruire une grande partie de la République »

Actualité > Politique > Manuel Valls
Par Michele Lejeune,  publié le 28 novembre 2015 à 2h32.

Manuel Valls a appelé vendredi soir à « reconstruire une grande partie de la République » après les attentats de Paris, tout en réitérant son rejet de toute « excuse » vis-à-vis des jeunes basculant dans le jihadisme et les attentats.

Le Premier ministre, qui s’était jusqu’ici largement gardé de placer le débat sur la société française, a estimé que les attentats revendiqués par l’organisation Etat islamique et commis notamment par des citoyens français, appelaient à « un sursaut, à un sursaut républicain majeur ».

« Il faut reconstruire une grande partie de la République », a affirmé M. Valls lors d’un dialogue avec des citoyens et des élus dans sa ville d’Evry (Essonne) dans la banlieue parisienne, appelant notamment à « reconstruire patiemment l’école de la République » et à ce « que chacun trouve sa place dans la société ».

Le Premier ministre a répondu à un début de controverse, apparue notamment à gauche ou au sein des associations de défense des droits de l’Homme, sur une réponse du gouvernement qui serait trop sécuritaire et attentatoire aux libertés.

« Il n’y a pas d’un côté une réponse sécuritaire, et de l’autre une réponse sociale ou une réponse qui protègerait les libertés », a-t-il affirmé. « C’est une vision qui est dangereuse car elle nous affaiblit », selon M. Valls, qui s’est défendu de tout « discours bushiste » après que l’exécutif ait parlé de « guerre ».

« Nous avons une seule réponse, et c’est la République », a-t-il lancé, appelant également à « une force morale nouvelle, une capacité de se dépasser, de se sublimer ».

Interrogé par un membre de l’assistance sur le fait de savoir si la diversité multiculturelle était un « frein » pour la société, M. Valls a appelé à privilégier « ce qui nous unit ».

« Plus que de montrer nos diversités, Il faut faire appel à ce qui nous unit, au-delà de nos différences », a-t-il affirmé.

Quant à l’état de la société française, « nous avions apporté beaucoup de diagnostics et un début de réponse après les attentats de janvier », a encore souligné le Premier ministre, qui avait alors dénoncé un « apartheid social, territorial et ethnique » et pris des mesures pour le logement et l’éducation.

Tout en reconnaissant que ce travail était « l’affaire d’une génération », le Premier ministre a de nouveau répété qu’il refusait toute « excuse » à l’égard des auteurs des attentats.

« Ce n’est pas parce qu’un jeune est dans la galère, d’origine immigrée » et vivant dans un quartier confronté à l’islamisme radical, « ce n’est pas parce qu’on est au chômage, d’origine maghrébine et de culture musulmane, que l’on devient un terroriste ou un voyou », a lancé M. Valls devant un parterre d’environ 400 personnes à la mairie d’Evry.

« Si on accepte l’excuse, alors ça veut dire qu’on jette dans les bras d’une organisation tous les jeunes qui sont dans cette situation, et ça ce serait inacceptable », a-t-il affirmé.

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