Le gouvernement vise 30 milliards d’euros d’économies en 2027. Dans cette recherche, retraites et avantage fiscal des retraités sont désormais sur la table.
En bref
- 30 milliards d’euros d’économies visés en 2027
- Les retraités sont clairement dans le champ
- Le débat budgétaire arrive en octobre
30 milliards d’euros. C’est l’ordre de grandeur retenu par le gouvernement pour boucler le budget 2027. Et quand un tel montant entre dans la discussion, peu de postes restent longtemps à l’écart, y compris les retraites.
Roland Lescure, ministre de l’Economie, a expliqué au Parisien vouloir un déficit inférieur à 5,1 %, en ligne avec l’ambition portée par David Amiel, ministre des Comptes publics. L’idée affichée est nette, faire l’effort surtout sur les dépenses, pour préserver le pouvoir d’achat et éviter une hausse des impôts. Il laisse quand même la porte entrouverte à un nettoyage de certaines niches fiscales.
Trente milliards à trouver, avec la dépense en ligne de mire
Le chiffre ne sort pas de nulle part. Interrogé sur la nécessité de réaliser au moins 30 milliards d’euros d’économies en 2027, Roland Lescure a confirmé qu’on était bien dans cet ordre de grandeur. Pour vous, ça dit une chose simple, le cadrage budgétaire est serré, et les arbitrages vont toucher des postes très concrets.
Le gouvernement insiste sur un point, il veut éviter de rogner le pouvoir d’achat par de nouveaux impôts. Bon, cela ne veut pas dire que tout le reste sera protégé. Quand l’exécutif parle d’agir d’abord sur la dépense, il prépare aussi le terrain politique pour des choix sensibles.
Retraites, indexation et abattement fiscal, le vrai point chaud
C’est là que le sujet se tend. Vendredi, David Amiel a affirmé qu’il faudrait trancher entre deux options, maintenir l’indexation des retraites sur l’inflation ou conserver l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités.
Son cabinet a précisé samedi l’objectif budgétaire associé, il faudrait trouver au moins 6 milliards d’euros d’économies en 2027 sur les pensions de retraite de base. Nuance importante, Roland Lescure a assuré qu’« aucune pension ne diminuera ». En revanche, sur l’avantage fiscal, il reconnaît que la question peut être posée et qu’il existe plusieurs pistes. Résultat ? Les pensions elles-mêmes et leur traitement fiscal ne sont pas placés sur le même plan.
Une concertation politique avant le débat d’octobre
Sur ce dossier, Sébastien Lecornu a lancé une concertation avec les groupes politiques. Le premier ministre a confié ce travail à trois ministres, David Amiel, Jean-Pierre Farandou au Travail, et Laurent Panifous aux Relations avec le Parlement.
Le cabinet de David Amiel indique que les représentants des groupes qui accepteront l’invitation seront consultés dans les prochains jours. Les échanges doivent porter sur la participation des retraités au redressement des finances publiques, dans un contexte de réduction du déficit. En parallèle, Bercy précise que Sébastien Lecornu doit arbitrer ce week-end les derniers éléments du projet de loi de finances, avant une transmission au Haut Conseil des finances publiques dans les prochains jours.
Ce que le gouvernement promet, et ce qu’il ne ferme pas
Le message politique, lui, tient en deux phrases. D’un côté, Roland Lescure répète qu’il ne veut pas matraquer les retraités. De l’autre, il ne ferme pas la porte à un passage par ordonnances pour faire adopter le budget sans majorité au Parlement.
Le débat commencera en octobre à l’Assemblée nationale. D’ici là, tout va se jouer sur la capacité du gouvernement à transformer un objectif comptable en compromis politique. Et pour les retraités, clairement, le sujet n’est plus théorique.