Déficit public : Amélie de Montchalin table sur un niveau proche de 5 % en 2026

Image d'illustration. Infographie sur le déficit public et l économieADN
La ministre Amélie de Montchalin a dévoilé les prévisions budgétaires pour 2026, indiquant que le déficit public devrait avoisiner les 5 %, selon les dernières estimations présentées par le gouvernement.
Tl;dr
- Déficit public prévu à près de 5 % du PIB.
- Dépassement du déficit de la Sécurité sociale confirmé.
- Le gel des pensions et aides sociales rejeté par l’Assemblée.
Déficit public : un cap difficile à tenir
Alors que les discussions budgétaires se poursuivent à l’Assemblée nationale, le constat d’Amélie de Montchalin, ministre chargée des Comptes publics, sonne comme une alerte. D’après ses déclarations au Parisien, le déficit public français pourrait approcher les 5 % du produit intérieur brut en 2026, soit un niveau plus élevé qu’espéré. Elle rappelle pourtant que la cible officielle demeure fixée à 4,7 %, précisant : « Ce n’est pas un fétichisme ! ». Un objectif qui, selon elle, demeure indispensable pour freiner la progression de la dette, laquelle engendrerait déjà quelque 74 milliards d’euros de charges d’intérêt pour cette même année.
Sécurité sociale : des chiffres en forte hausse
Sur le front du budget de la Sécurité sociale, les écarts se creusent davantage. Le déficit initialement fixé à 17,5 milliards d’euros est désormais largement dépassé après le passage du texte à l’Assemblée nationale. Pour Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, ce trou pourrait même excéder les 24 milliards d’euros, une évaluation que partagent également les services du Sénat. Face à ces chiffres vertigineux, Amélie de Montchalin prévient : il lui semble « impossible d’imaginer » un solde supérieur à 20 milliards, soulignant la difficulté d’envisager le dégel généralisé des retraites et prestations sociales.
Pensions et prestations : l’Assemblée rejette le gel
Mercredi dernier, un vote massif a abouti à la suppression de l’article prévoyant le gel des pensions de retraite et prestations sociales — jusqu’ici habituellement indexées sur l’inflation. Cette mesure devait permettre d’économiser près de 3,6 milliards d’euros. Cette décision intervient alors même que le Premier ministre Sébastien Lecornu s’était montré ouvert à des amendements en faveur du dégel pour certaines allocations. Mais Amélie de Montchalin, elle, maintient sa ligne et évoque l’idée de réserver éventuellement ce gel aux foyers les plus aisés.
Bataille parlementaire et soupçons politiques
Les débats restent tendus au Palais Bourbon. Malgré l’urgence du calendrier, aucune session n’aura lieu ce week-end : conséquence probable, le budget pourrait être transmis au Sénat sans vote complet faute de temps — situation déjà vécue avec celui de la Sécu mercredi. Face aux accusations venues de l’opposition sur une éventuelle manœuvre gouvernementale pour retarder les débats, la ministre balaie les rumeurs : « Il n’y a pas d’entourloupe ! », insiste-t-elle, assurant qu’aucune ordonnance secrète ne serait rédigée à Bercy.
Tandis que chaque camp campe sur ses positions autour de ces dossiers brûlants — dette publique, déficit social ou mécanismes d’économies — l’équilibre budgétaire apparaît plus incertain que jamais.
