Gifi suspend les licenciements au siège en attendant l’arrivée de son futur dirigeant

Vue de l allée avec articles ménagers en magasin
Image d'illustration. Magasin varié. — ADN

Le groupe Gifi a décidé de suspendre temporairement les suppressions de postes prévues au siège social. Cette mesure est prise alors que l’entreprise attend la nomination officielle de son futur dirigeant, prévue dans les prochaines semaines.

  • Gel du plan social au siège de Gifi.
  • Nouveau président attendu pour septembre.
  • Fermeture de 11 magasins maintenue.

Un tournant inattendu chez Gifi

La décision a pris tout le monde de court : la direction de Gifi suspend brutalement son projet de plan social concernant le siège de Villeneuve-sur-Lot. Ce revirement, officialisé mercredi en concertation avec la CFDT, intervient alors que l’enseigne, confrontée à de lourdes difficultés économiques, s’apprêtait à supprimer 166 postes dans cette entité emblématique du Lot-et-Garonne. Derrière cette suspension, un enjeu stratégique évident : laisser au futur président du directoire, Christophe Mistou, qui doit prendre ses fonctions le 1er septembre, le soin d’évaluer la situation et d’insuffler sa propre vision à l’organisation.

Négociations et perspectives incertaines

Du côté syndical, ce sursis est accueilli avec une satisfaction prudente. « Il n’y aura pas de plan social, c’est une bonne chose au moins provisoirement pour 186 emplois », estime Pierre Laffore, représentant CFDT. Mais il nuance : « Je ne sais pas à qui on le doit exactement, la CFDT et la direction assument cette coresponsabilité. » La date butoir des discussions sur le plan de sauvegarde de l’emploi, initialement fixée à vendredi, perd donc toute valeur – un souffle pour les salariés concernés.

Lourdes pertes et causes profondes

Cette annonce ne s’applique cependant qu’au siège : la fermeture programmée de onze magasins – synonyme de 116 suppressions de postes – suit toujours son cours. C’est en avril dernier que le groupe avait dévoilé un plan massif touchant 302 postes sur les quelque 6 000 que compte Gifi en France. Parmi les raisons avancées par l’entreprise pour expliquer ses déboires : une refonte informatique ratée en 2023 ainsi qu’une concurrence exacerbée par des acteurs comme Action, Maxibazar ou encore la plateforme chinoise Temu.

L’après-été sous surveillance

L’entreprise ne cache pas ses attentes vis-à-vis du futur management. À l’évidence, la stratégie précédente n’a pas permis d’enclencher ce « retournement stratégique » tant espéré par l’enseigne. Un message reste limpide : si des « ajustements » apparaissaient nécessaires après l’arrivée du nouveau dirigeant, ils seraient négociés dans le cadre d’un dialogue social repensé.

Pour mieux comprendre la situation actuelle chez Gifi, voici les éléments-clés selon plusieurs sources syndicales :

  • Suspension temporaire du plan social au siège.
  • Poursuite des fermetures prévues en magasin.
  • Nouveau président chargé d’imprimer sa marque dès septembre.

Le feuilleton social chez Gifi demeure donc ouvert : tous les regards convergent vers la rentrée où se jouera une nouvelle étape dans ce dossier sensible.