Jennyfer ferme ses portes : liquidation judiciaire et fermeture de 191 boutiques annoncées

Image d'illustration. Shopping vetementsADN
La marque de vêtements Jennyfer va disparaître du paysage commercial français. Confrontée à d'importantes difficultés financières, l'enseigne de prêt-à-porter a été placée en liquidation judiciaire, entraînant la fermeture annoncée de 191 boutiques à travers le pays.
Tl;dr
- Jennyfer demande sa liquidation judiciaire, 1000 emplois menacés.
- 191 boutiques risquent de fermer prochainement en France.
- Salaires assurés par l’AGS malgré la cessation de paiement.
Jennyfer, une enseigne au bord du précipice
Dans un contexte déjà compliqué pour le secteur du prêt-à-porter, l’enseigne Jennyfer traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire. Après avoir tenté de se réinventer à plusieurs reprises ces dernières années, la direction a finalement demandé au tribunal de commerce de Bobigny la liquidation judiciaire de l’entreprise. Cette annonce inattendue met en péril plus de 1000 emplois et soulève une vague d’inquiétude parmi les salariés comme chez les représentants syndicaux.
Des décisions jugées brutales et une information tardive
L’annonce, survenue à la veille même de l’audience, a pris de court le personnel. Les représentants syndicaux – notamment ceux de la CFE-CGC et de la CGT – pointent du doigt une communication désastreuse. Selon Élodie Ferrié, secrétaire fédérale CGT habillement, c’est avant tout « C’est une disparition totale de l’entreprise » qui se profile, conséquence selon elle « d’une mauvaise gestion et de mauvais choix stratégiques ». La CGT dénonce également « dissimulation de la procédure », mettant en lumière la précarité dans laquelle cette décision place subitement les salariés. D’autant que ces derniers n’auraient pas été informés plus tôt des difficultés et se retrouvent plongés dans l’incertitude quant à leur avenir immédiat.
L’échec d’une relance ambitieuse et un futur incertain
Quelques années auparavant, l’enseigne tentait pourtant un nouveau départ sous le nom audacieux « Don’t Call Me Jennyfer ». Soutenue par un investissement conséquent – 15 millions d’euros apportés par le groupe sino-français Sinoproud, cette stratégie marketing espérait séduire une clientèle plus jeune. Or, malgré ce rebranding, la greffe n’a jamais pris. Dès 2023, une nouvelle vague de licenciements frappait le siège et la logistique ; preuve que les efforts n’ont pu enrayer le déclin.
Boutiques menacées et incertitudes salariales
Aujourd’hui, ce sont potentiellement 191 magasins qui s’apprêtent à baisser définitivement rideau. Plusieurs éléments expliquent cette situation critique :
- Mauvais choix stratégiques persistants depuis plusieurs années.
- Difficulté à renouer avec sa clientèle historique.
- Dureté accrue du marché pour les enseignes spécialisées.
La question des salaires reste néanmoins centrale. Si la société a confirmé être en cessation de paiement, elle affirme que l’AGS (Assurance Garantie des Salaires) prendra en charge les versements dus aux collaborateurs – même si certains délais restent inévitables. Un acompte sur le mois de mai aurait d’ores et déjà été versé pour limiter les conséquences financières immédiates.
Le sort définitif de Jennyfer, fondée en 1984 et générant jusqu’ici près de 200 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, devrait être fixé dans les prochaines heures par la justice commerciale. Pour beaucoup d’acteurs du secteur, c’est surtout un nouveau signal inquiétant pour tout le prêt-à-porter français.
