Le trou des hôpitaux publics reculerait à 2,3 milliards d’euros en 2025. Mieux qu’en 2024, mais toujours à un niveau très élevé.
En bref
- Déficit attendu de 2,3 milliards en 2025
- Le niveau baisse, mais reste historiquement élevé
- Urgences et dette continuent de peser
Sur 100 euros de recettes, il manquerait encore 2,1 euros dans les hôpitaux publics en 2025. Ce ratio, publié par la Drees, dit beaucoup de la situation. Le déficit reculerait bien à 2,3 milliards d’euros, après le pic de 2024, mais on reste sur le troisième plus mauvais niveau observé depuis le début des statistiques en 2005.
Deux euros manquent sur cent, et ce n’est pas anodin
L’amélioration existe, mais elle est relative. En 2024, les hôpitaux publics avaient affiché 2,9 milliards d’euros de pertes, soit 2,7 % de leurs recettes, un record. En 2025, la baisse à 2,1 % soulage un peu les comptes, pas davantage.
Pour vous, ça change quoi ? D’abord une chose simple, l’hôpital public sort d’une année noire, mais pas d’une zone de fragilité. Quand un déficit reste à ce niveau, la question n’est pas seulement comptable. Elle touche aussi la capacité à financer les bâtiments, les équipements et l’organisation des soins.
Pourquoi le rouge se réduit un peu
Les charges d’exploitation ont encore progressé en 2025, mais moins vite qu’en 2024, note la Drees. Le freinage vient notamment des rémunérations. Les charges salariales ont augmenté de 3,0 %, soit 1,9 milliard d’euros, après une hausse de 4,1 % en 2024, équivalente à 2,5 milliards.
Ce ralentissement s’explique dans un contexte où 2024 avait été marquée par des revalorisations de salaires. Bon, cela ne veut pas dire que l’équilibre est revenu. Les comptes restent aussi alourdis par les intérêts des emprunts, et ce poste continue de peser.
Le poids de la dette reste là, l’investissement recule
C’est l’autre signal du document. Malgré les aides liées au Ségur de la santé, l’effort d’investissement des hôpitaux publics baisse. Il tombe à 4,8 % des recettes en 2025, soit 5,4 milliards d’euros, contre 5,1 % et 5,5 milliards en 2024.
Le cadre financier, lui, reste conséquent sur le papier. Le Ségur de la santé, signé en juillet 2020, prévoit 19 milliards d’euros sur dix ans. Dans cet ensemble, 6,5 milliards doivent servir au désendettement et 9 milliards à financer directement de nouveaux investissements, rappelle la Drees. En mai 2026, le ministère de la Santé a ajouté 6 milliards d’euros pour la période 2026-2036 afin de soutenir des projets d’investissement.
Aux urgences, la pression continue de monter
Et pendant ce temps, l’activité ne décroît pas. Les services d’urgences générales et pédiatriques ont enregistré 21,5 millions de passages en 2025, soit une hausse de 0,8 %.
Le point intéressant, c’est que cette progression continue alors que le service d’accès aux soins est en cours de généralisation. Ce dispositif, adossé aux Samu et à la médecine de ville, doit justement réorienter une partie des patients hors de l’hôpital. Résultat ? La pression recule peu, et les comptes restent sous tension.