La semaine de 4,5 jours à l’école : bénéfique pour les enfants, mais largement boudée

Image d'illustration. Enfant ecoleADN
Alors que de nombreux experts s’accordent à dire que la semaine scolaire de quatre jours et demi serait bénéfique pour le rythme et les apprentissages des élèves, elle rencontre une forte résistance de la part des familles comme des enseignants.
Tl;dr
- Débat sur la semaine de 4 ou 4,5 jours.
- Consensus scientifique en faveur des 4,5 jours.
- Convention citoyenne remettra ses conclusions en novembre.
Un débat récurrent sur les rythmes scolaires
La question des rythmes scolaires refait surface à l’occasion de la convention citoyenne sur les temps de l’enfant, organisée au sein du Conseil économique, social et environnemental (Cese). Ce samedi 5 juillet 2025, lors de la deuxième session, élus locaux, parents, enseignants et experts ont confronté leurs points de vue autour d’une problématique qui divise depuis des années : faut-il maintenir la semaine de quatre jours à l’école primaire, ou privilégier une organisation sur quatre jours et demi ?
Semaine de quatre jours : une spécificité française contestée
La France se distingue au sein de l’OCDE : nulle part ailleurs le temps scolaire des enfants n’est réparti sur seulement quatre ou quatre jours et demi. Tandis que la semaine de cinq jours s’impose dans la plupart des pays, ici, depuis 2017, une dérogation permet aux communes d’opter pour quatre jours. Une disposition désormais choisie par près de 90 % des municipalités, soucieuses notamment de réduire leurs coûts liés au transport scolaire, à la cantine ou encore au chauffage.
Pourtant, les conclusions scientifiques interpellent. Selon Gabriel Fraga, vice-président de l’Andev, « le consensus scientifique est que la semaine des quatre jours n’est pas la meilleure pour les apprentissages. La semaine de quatre jours et demi serait plus adaptée au rythme chronobiologique de l’enfant ». En mai dernier déjà, un rapport de la Cour des comptes épinglait une organisation jugée « en décalage avec les besoins de l’élève ».
L’attractivité du métier d’enseignant fragilisée
Dans ce contexte déjà tendu, la voix des enseignants s’élève également. Les syndicats alertent sur les difficultés croissantes à rendre le métier attractif – fatigue accrue, manque criant de candidats pour certains postes… Aurélie Gagnier, co-secrétaire générale du FSU-SNUipp, n’hésite pas à rappeler : « Des enseignants se disent épuisés », allant jusqu’à s’interroger sur leur capacité à poursuivre jusqu’à « 64 ans ».
Certains syndicats souhaitent dépasser le débat traditionnel – journées trop lourdes contre vacances trop longues – en invitant à réfléchir plus globalement à l’organisation du temps scolaire.
L’avenir entre les mains des citoyens tirés au sort
Il appartient désormais aux membres de cette convention citoyenne, choisis pour refléter la diversité du pays, d’identifier les thèmes à approfondir dans les prochains mois. Sept sessions sont prévues jusqu’en novembre ; c’est alors que leurs propositions seront remises au Premier ministre, François Bayrou. Reste à savoir si ce processus participatif saura renouveler le débat et aboutir à un consensus durable.
