Rentrée scolaire : plus de 2 600 postes d’enseignants restent vacants, l’inquiétude grandit

Image d'illustration. élèves école éducationADN
À la rentrée, plus de 2 600 postes d’enseignants resteront vacants dans les écoles françaises. Cette pénurie alimente de fortes préoccupations parmi les équipes éducatives, qui redoutent des conséquences sur les conditions d’apprentissage des élèves.
Tl;dr
- 2 610 postes d’enseignants restent non pourvus en 2025.
- La crise d’attractivité du métier se confirme.
- Réforme du recrutement prévue dès 2026.
Une crise persistante pour le recrutement des enseignants
Tandis que les élèves de terminale recevaient, ce vendredi 4 juillet 2025, leurs résultats au baccalauréat, une autre publication passait presque inaperçue : celle des admissions aux concours pour devenir enseignant. Derrière la communication officielle, un malaise persiste. Certes, le taux de réussite au bac atteint cette année plus de 85 %, comme l’a souligné la Première ministre Elisabeth Borne. Mais côté recrutement des professeurs, l’enthousiasme reste mesuré.
Des chiffres qui inquiètent toujours
Sur les 27 713 postes proposés aux concours dans le secteur public et privé sous contrat, pas moins de 2 610 n’ont pas trouvé preneur, selon les données issues de la plateforme officielle Cyclades, compilées par l’AFP. Ce chiffre, bien qu’en léger recul par rapport à l’année précédente (3 975 postes vacants), ne traduit qu’un phénomène : moins de places affichées dans les académies ou disciplines où les recrutements posent problème.
Cette baisse mécanique est surtout due à une réduction du nombre d’offres dans le primaire – là où la pénurie est chronique – ainsi que dans certaines matières du secondaire. En clair, on compte moins de postes vacants… parce que l’on en propose moins.
Un métier en perte d’attractivité
Les réactions des syndicats illustrent ce sentiment d’urgence partagé. « Tous les signaux sont au rouge », résume Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré. Même constat du côté de la CFDT Éducation avec Catherine Nave-Bekhti, pour qui « le problème d’attractivité se confirme et s’approfondit ». Quant à Elisabeth Allain-Moreno (SE Unsa), elle confie ses « grosses inquiétudes pour la rentrée ».
Voici ce qui alimente ces inquiétudes, selon plusieurs responsables syndicaux :
- Baisse des candidatures
- Pénurie dans certaines disciplines et zones géographiques
- Difficultés liées aux salaires et conditions de travail
Vers une réforme attendue… mais jugée insuffisante ?
Face à cette situation, le ministère évoque « la nécessité de la réforme du recrutement et de la formation initiale des enseignants » prévue dès 2026. Le principal changement : l’accès au concours sera possible dès bac+3 (contre bac+5 aujourd’hui), un ajustement censé renforcer l’attractivité du métier.
Mais là encore, scepticisme prudent chez certains acteurs du secteur éducatif. Pour Elisabeth Allain-Moreno, s’appuyer uniquement sur cette réforme serait illusoire : il faudrait également agir sur les salaires, améliorer la mobilité géographique et repenser la charge de travail pour redonner envie aux jeunes diplômés de s’engager dans l’enseignement.
Le constat reste donc inchangé : malgré quelques ajustements et annonces ministérielles, le défi structurel demeure entier pour le recrutement des professeurs en France.
