L’avenir de l’usine qui fabrique les célèbres bouteilles vertes de Perrier reste incertain. Entre rumeurs de fermeture et espoirs de maintien, salariés et habitants attendent des clarifications sur le sort de ce site emblématique.
- Fermeture annoncée de la Verrerie du Languedoc.
- La CGT évoque un potentiel repreneur.
- Nestlé Waters sous pression pour l’eau minérale.
Menace sur l’emploi à la Verrerie du Languedoc
L’avenir des 164 salariés de la Verrerie du Languedoc, à Vergèze, demeure extrêmement incertain. En avril, le géant américain Owens-Illinois (O-I) a brutalement annoncé la fermeture prochaine de son site gardois, provoquant une onde de choc dans la région. Ce plan s’inscrit dans une restructuration plus vaste : près de 320 postes devraient disparaître en France, soit environ 15 % des effectifs du groupe sur le territoire.
L’eau minérale au cœur de toutes les attentions
Si le sort de l’usine est si étroitement lié à celui des sources voisines, c’est parce que la verrerie produit essentiellement les célèbres bouteilles vertes destinées à l’eau minérale Perrier. Le client principal n’est autre que Nestlé Waters, dont les pratiques sont aujourd’hui dans le viseur. Depuis plusieurs mois, l’industriel suisse fait face à une polémique concernant d’anciens procédés de désinfection de ses eaux – des méthodes certes sans danger pour la consommation, mais interdites pour des eaux minérales naturelles.
La préfecture du Gard a récemment enjoint Nestlé à retirer son système de microfiltration controversé avant le 7 août, faute de quoi elle pourrait lui retirer le précieux label d’« eau minérale naturelle », indispensable pour conserver sa réputation et son activité locale. La décision administrative est attendue d’ici peu.
Reprise possible : un espoir ténu
Dans ce climat tendu, une lueur d’espoir est apparue lors d’une visite remarquée de la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. Devant les salariés inquiets et sous tension, elle a lancé : « La CGT ne laissera pas cette usine fermer », réaffirmant ainsi l’engagement syndical. Plus surprenant encore, Sophie Binet a évoqué l’existence d’un repreneur « sérieux », prêt à racheter l’usine aux conditions imposées par O-I – à condition que Nestlé s’engage sur les volumes futurs.
Les syndicalistes se retrouveront le 10 juillet à la préfecture de Nîmes pour discuter des suites possibles. Yoann Goupille, représentant CGT local, espère que Nestlé aura répondu aux exigences réglementaires et pourra ainsi maintenir son label – enjeu crucial pour tout espoir industriel dans le Gard.
Vers un été décisif pour l’industrie locale
Pour résumer, trois facteurs semblent peser lourdement sur la suite :
- Le respect par Nestlé Waters des normes strictes autour du label « eau minérale naturelle » ;
- L’issue des négociations sociales autour du plan social chez O-I ;
- Et bien sûr, la concrétisation ou non d’une offre sérieuse de reprise.
L’ensemble du tissu industriel local attend désormais, non sans nervosité, les décisions qui tomberont ces prochaines semaines.