Dongfeng confirme la fabrication d’un modèle automobile dans une usine française

Image d'illustration. Industrie automobile. ADN
Le constructeur automobile chinois Dongfeng concrétise son projet industriel en France : il va lancer la production d’un véhicule dans une usine française, marquant une nouvelle étape de l’implantation des marques asiatiques sur le marché européen.
Tl;dr
- Stellantis Rennes va assembler un modèle électrique Dongfeng.
- Partenariat stratégique pour sécuriser l’emploi local.
- Marque chinoise vise à contourner les droits de douane européens.
Un partenariat sino-européen confirmé à Rennes
L’information bruissait déjà dans les couloirs de l’usine, mais elle est désormais officielle. Ce mercredi, lors d’un comité social et économique extraordinaire, la CFDT a levé le voile sur ce que beaucoup pressentaient : le site de La Janais, à Chartres-de-Bretagne, s’apprête à entamer la production d’un véhicule électrique du groupe chinois Dongfeng. Le syndicat évoque une « nouvelle étape » et confirme l’existence d’un « partenariat stratégique » avec ce constructeur asiatique — une avancée que le groupe automobile italo-franco-américain, propriétaire des marques comme Peugeot, Citroën, ou encore Opel, ne dément plus.
L’usine La Janais : un site en quête de visibilité
Depuis sa rénovation complète, l’usine rennaise ne fabrique plus qu’un seul modèle : la nouvelle Citroën C5 Aircross. Pourtant, elle fut autrefois un fleuron industriel hexagonal : inaugurée en 1961 par le général de Gaulle, le site employait plus de 10 000 salariés au cœur des années 1970. Aujourd’hui, la réalité est bien différente : moins de 2 000 collaborateurs y travaillent, avec une cadence quotidienne d’environ 400 véhicules.
Dans ce contexte parfois incertain pour l’emploi industriel en France, le nouvel accord entre Stellantis et Dongfeng apparaît donc comme une opportunité à saisir. D’ailleurs, selon la CFDT, « l’ouverture à ce partenariat est bienvenue à condition qu’elle s’accompagne de garanties solides pour les salariés du site et de la sous-traitance ». Le syndicat majoritaire insiste également sur un point clé : il réclame que « le cadre juridique de la coentreprise pilotée par Stellantis garantisse la sécurisation et le développement de l’emploi sur le site ».
L’Europe au cœur des stratégies industrielles mondiales
Le mouvement n’est pas isolé. Récemment, Stellantis a signé un accord semblable avec Leapmotor, jeune pousse chinoise dont il assure désormais la distribution en Europe. Cette coopération prévoit aussi l’assemblage de deux modèles Leapmotor dans les usines espagnoles du groupe.
Du côté breton, les chaînes devraient voir passer prochainement des modèles estampillés Voyah, marque premium appartenant à Dongfeng. Selon des sources proches du dossier, fabriquer ces véhicules directement en France permettrait au constructeur chinois d’échapper aux récents droits de douane européens visant les voitures électriques importées.
Avenir industriel et enjeux sociaux en Bretagne
Face à ces mouvements stratégiques mondiaux, plusieurs attentes persistent localement. Les représentants syndicaux veulent s’assurer que cette ouverture internationale soit synonyme non seulement d’activités pérennes pour La Janais mais aussi d’emplois préservés – voire renforcés – sur tout le bassin rennais. Reste à voir comment cette nouvelle dynamique se traduira concrètement dans les prochains mois pour ce site industriel historique breton.
