Le 18 juillet marquait la « journée de la libération fiscale » : de quoi s’agit-il exactement ?

Image d'illustration. Balance représentant impôt sur revenuADN
Chaque année, la date de la « journée de la libération fiscale » marque symboliquement le moment où les Français cesseraient de travailler pour l’État et commenceraient à gagner pour eux-mêmes. Mais à quoi correspond réellement ce repère économique ?
Tl;dr
- Le 18 juillet marque la « journée de libération fiscale ».
- Ce concept mesure la pression fiscale sur les salariés.
- Des critiques pointent ses limites méthodologiques.
Un indicateur symbolique de la pression fiscale
Chaque année, la question revient : à partir de quand le salarié français travaille-t-il vraiment « pour lui-même » ? Selon une étude publiée ce vendredi par l’Institut économique Molinari, ce fameux jour tombe en 2024 le 18 juillet. Appelée « journée de libération fiscale », cette date cristallise les débats autour du poids des prélèvements obligatoires qui pèsent sur le salarié moyen, célibataire et sans enfant. Mais que se cache-t-il vraiment derrière cet indicateur très commenté ?
Derrière la naissance d’un concept contesté
Retour en arrière : l’idée voit le jour en 1948 grâce à Dallas Hostetler, homme d’affaires américain. Il théorise le « Tax Freedom Day » et dépose même un copyright sur ce terme, aujourd’hui propriété du think tank américain Tax Foundation. Ce repère traverse ensuite l’Atlantique, popularisé dans les années 1980 par l’économiste Milton Friedman, qui propose d’en faire une fête nationale aux États-Unis.
Pour mesurer cette « liberté retrouvée », l’IEM additionne cotisations sociales (patronales et salariales), impôt sur le revenu et TVA. L’ensemble est rapporté au « salaire super-brut », c’est-à-dire le coût total pour l’employeur d’un salarié.
La France, championne des prélèvements ?
En 2024, seule la France atteint sa « journée de libération fiscale » aussi tardivement, le 18 juillet. Pour comparaison, la Belgique célèbre cette étape deux jours plus tôt, suivie par l’Autriche dès le 14 juillet. En cause selon l’IEM : une hausse des prélèvements sociaux qui fait grimper la fiscalité du salarié moyen à 54,4 % de son salaire complet – entre cotisations, CSG-CRDS, impôt sur le revenu et TVA.
Sur les réseaux sociaux, cette journée devient même une occasion de railler la situation fiscale hexagonale via des figures comme le fameux « Nicolas », personnage caricatural utilisé par certains courants politiques pour illustrer l’ampleur de la contribution des Français à l’État.
Mises en garde et perspectives
Pourtant, tout n’est pas si simple. Plusieurs voix soulignent que cette méthode reste imparfaite : elle repose sur une moyenne qui ne reflète pas la diversité des situations individuelles. Mélanger toutes les formes de prélèvements — avec leurs bases différentes — pose question. Et le concept même de « salaire super-brut » demeure peu usité chez les économistes.
Surtout, ces calculs omettent un point essentiel : ces prélèvements financent l’ensemble des services publics, la protection sociale ou encore les retraites. Autant d’éléments centraux qui échappent à ce décompte très particulier.
