La CGT et la CFE-CGC attaquent le gel des pensions Agirc-Arrco. En jeu, 14 millions de retraités et 91,2 milliards d’euros de réserves.
En bref
- Pensions gelées depuis novembre 2025
- La CGT et la CFE-CGC saisissent la justice
- 14 millions de retraités sont concernés
Pour 14 millions de retraités du privé, le sujet est très simple. Depuis novembre 2025, la pension complémentaire Agirc-Arrco n’a pas bougé. Et quand une pension reste stable pendant que les prix continuent d’augmenter, même lentement, le pouvoir d’achat recule.
Quatorze millions de retraités bloqués au même niveau
L’enjeu dépasse d’ailleurs les seuls retraités actuels. Le régime concerne aussi 28 millions de salariés qui cotisent aujourd’hui pour leurs droits futurs. On parle donc à la fois de revenu immédiat et de la façon dont ces droits sont gérés dans la durée.
Pour beaucoup d’anciens salariés du privé, la retraite complémentaire pèse lourd dans le budget mensuel. Résultat ? L’absence de revalorisation au 1er novembre 2025 n’a rien d’un détail technique.
Pourquoi les syndicats vont au tribunal
Le 16 juillet 2026, la CGT et la CFE-CGC ont décidé de saisir le tribunal judiciaire de Paris. Leur choix arrive après quatre réunions sans accord avec les organisations patronales.
Les positions étaient éloignées. Les syndicats demandaient une hausse de 1 %. En face, la proposition restait à 0,2 %. Faute de compromis, aucune revalorisation n’a été appliquée.
Les deux organisations estiment que le conseil d’administration n’a pas correctement appliqué l’accord national interprofessionnel du 5 octobre 2023. Ce n’est donc pas seulement un bras de fer sur le montant, c’est aussi un litige sur la règle elle-même.
Le vrai nœud, l’accord de 2023
Cet accord prévoit, pour 2024 à 2026, une évolution de la valeur de service du point basée sur l’inflation hors tabac estimée pour l’année, moins 0,4 point. Ensuite, le conseil d’administration peut ajuster de plus ou moins 0,4 point.
Avec une inflation estimée à 1 % pour 2025, la fourchette allait donc de 0,2 % à 1 %. C’est là que le désaccord se cristallise. Les syndicats considèrent qu’une hausse plus favorable entrait dans le cadre prévu.
Des comptes solides, mais pas un coffre à vider
Le débat prend une autre dimension quand on regarde les comptes 2025 de l’Agirc-Arrco. Le régime a dégagé un résultat global positif de 1,4 milliard d’euros, dont 0,3 milliard au titre du résultat technique et 1,1 milliard grâce au résultat financier.
S’y ajoutent 91,2 milliards d’euros de réserves à fin décembre 2025. C’est massif, quand même. Mais ces réserves ne sont pas présentées comme une cagnotte à redistribuer. L’Agirc-Arrco les décrit comme un amortisseur pour absorber les chocs économiques et démographiques, et garantir le paiement des pensions dans le temps.
C’est tout l’enjeu du dossier. Les syndicats y voient la preuve qu’une hausse était possible sans mettre le régime en danger. Les gestionnaires défendent au contraire une logique de prudence. Pour vous, la suite est concrète, le juge dira si le gel était compatible avec les règles, et cela peut peser sur l’évolution future de votre pension complémentaire.